Lors de la cérémonie de consécration de l’église Saint-Joseph de Montréal de l’Aude (11) le dimanche 1er mai, Mgr Fellay a donné quelques précisions dans son homélie sur l’états des relations entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège.

Extrait rapporté par La Porte Latine (04/05/2016)

Mgr FellayEn même temps, on voit que, surtout chez les plus jeunes, il y a un début de réaction, et même en haut de la hiérarchie. Il y a des cardinaux, il y a des évêques qui commencent à dire « c’est trop ». Ils commencent à parler. Je dirais que tout d’un coup on voit que nous ne sommes plus les seuls à protester, à réagir ; il y en a d’autres. C’est nouveau.

L’adhésion au Concile ne serait plus le critère de l’appartenance à l’Eglise

Et dans les relations que nous avons avec Rome, il y a des choses encore plus étonnantes et que nous relions à cette situation chaotique. Là récemment, pour la première fois, nous avons pu entendre à Rome que nous n’étions plus obligés d’accepter le Concile. Vous vous rendez compte : c’est énorme ! On nous a dit : « Vous avez le droit de maintenir cette opinion ». Ce n’est pas encore : « Nous avons eu tort », ce n’est pas encore : « le Concile était mauvais », mais c’est : « le Concile ne peut pas obliger ». On ne peut pas obliger quelqu’un à accepter le Concile pour être catholique.

Alors que c’est ce qu’on nous a dit jusqu’à maintenant. Jusqu’à il y a deux ans en arrière, c’était : « Si vous voulez être catholiques, vous devez accepter le Concile, vous devez accepter la bonté de la nouvelle messe ». Eh bien ! maintenant on nous dit : « Non, vous ne le devez pas, parce que cela n’a pas le degré d’obligation » ; ils utilisent des termes pas assez précis. On nous dit : « Ce n’est pas doctrinal, c’est pastoral ». C’est un peu ce que nous avions dit nous-mêmes : « Ce concile est pastoral et il n’a pas voulu obliger ». Tout d’un coup maintenant, on nous le concède : « C’est vrai, ce concile n’a pas voulu obliger ».

Qu’est-ce que cela va nous donner par la suite ? On verra, mais c’est un pas qui, pour moi, est capital. Nous sommes en train de vivre un moment qui est, je pense, une charnière dans l’histoire de l’Église, dans l’histoire de cette époque où nous nous trouvons, on peut même dire dans l’histoire de ce Concile. C’est la première fois qu’on nous dit – et on le dit ouvertement -, que la non-acceptation de la liberté religieuse, de l’œcuménisme, de la nouvelle liturgie n’est pas un critère de rejet de l’Église catholique. On n’a pas le droit de dire que quelqu’un ne serait plus catholique s’il n’est pas d’accord sur Nostra Aetate, les relations avec les religions non-chrétiennes, l’œcuménisme, la liberté religieuse. C’est bien la première fois qu’on entend cela, depuis 50 ans !

Et pour nous, il semble déjà qu’au travers de ces propositions, qui paraissent un peu fortes, en fait il y a déjà une ligne cohérente qui se dessine depuis un an et demi, une ligne vraiment nouvelle par rapport à nous. Encore une fois, nous allons voir comment les choses se développent ; nous avons appris à être plutôt prudents dans toutes ces affaires. N’est-ce qu’un moment ? A notre avis, non ! A partir du moment où on a lâché ce point-là, on ne peut plus le reprendre. Si on a ramené le Concile au niveau de l’opinion, on ne peut plus dire, tout d’un coup après, que non, que c’était quand même obligatoire. Ce sont donc des choses très importantes qui sont en train de se passer.

Cela ne veut pas du tout dire, mes bien chers frères, que c’est le triomphe. C’est une nouvelle phase dans la guerre. Cela ne veut pas dire que, puisqu’ils disent cela, nous aurons maintenant la paix. Absolument pas. D’ailleurs, je vais jusqu’à dire que c’est une partie à Rome qui déclare cela, alors qu’une autre partie continue à dire que nous sommes schismatiques. Le pape ne le dit pas, il dit que nous sommes catholiques, mais d’autres disent que non. C’est vraiment une situation invraisemblable dans laquelle nous nous trouvons.


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