La messe en latin est autorisée ?

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FAQ : La messe en latin est autorisée ?

Le motu proprio "Summorum pontificum" du pape Benoît XVI indique clairement aux évêques qu'ils peuvent et doivent octroyer aux fidèles qui le demandent la messe tridentine. Fort bien, mais il subsiste deux problèmes :

- tous les prétextes sont souvent bons pour n'en rien faire

- la nouvelle messe en latin, telle qu'elle était prévue par le Concile, demeure inconnue

Ces deux points sont très importants. Ce n'est pas pour rien que les médias et la plupart des catholiques, dépourvus de tout repères, on parlé de "la messe en latin" sans trop savoir de quelle messe on parlait. De la messe d'avant le Concile (en latin) ou de la messe prévue par le Concile (nouvelle forme, mais en latin également) ?

On aurait pu penser que la nouvelle messe, celle qui est largement répandue, pourrait être dite en latin et serait ainsi plus acceptable pour le clergé français que l'ancienne forme de messe. Or curieusement c'est l'inverse qui s'est produit.

Après le Concile, la volonté d'éradiquer le latin a été un grand objectif soigneusement planifié et mise en œuvre. On pensait en avoir fini avec l'ancienne forme liturgique, il ne restait donc plus qu'à basculer la messe en français. Erreur, puisque comme nous l'avons vu l'ancienne messe était maintenue dans l'ombre, mais pas abrogée. Avec le passage au français, bien d'autres manœuvres eurent lieu afin de dénaturer la messe et le sacerdoce : abandon de la chasuble, relégation du Saint Sacrement dans des recoins des églises, refus de la dimension sacrificielle de l'eucharistie, usage de coupes en terre cuite à la place des calices (formellement interdit), musique de type "comptine pour enfants" à la place de la polyphonie et du chant grégorien (parfois même fermeture totale des tribunes d'orgue), enlaidissement calculé de l'icônographie, etc, etc.

Aujourd'hui le résultat est clair : la messe "de Paul VI" en latin est quasiment inexistante. On a tout fait pour cela. C'était pourtant CETTE messe qui était prévue par le concile : en latin, et "dos au peuple" (l'expression est en fait très mauvaise). Mais c'est précisément ce qui inquiète le plus les anti-latin. L'ancienne messe, en étant réservée à une frange de catholiques qui finalement ne perturbe pas tant que cela le "système", n'est pas dangereuse. Ce qui inquiète bien plus, c'est que de jeunes prêtres diocésains célébrant la messe de Paul VI veuille y réinsérer le latin, donc rétablissent cette langue au cœur même des paroisses et du diocèse. Voilà ce qui est tant redouté !!

Pour preuve l'exemple réel d'une messe Paul VI dite en français avec pour seules parties latines des pièces en chant grégorien, qui avec si peu de choses dérangeait déja le clergé local, et qui a été basculée en messe tridentine alors que l'équilibre trouvé était tout à fait honnête et convenait à beaucoup de catholiques de sensibilité tradtionnelle. Qui a voulu ajouter de l'huile sur le feu, et dans quel but ?

Disons-le clairement : que la messe soit selon l'ancienne ou la nouvelle forme, ce qui reste un problème aux yeux du clergé français c'est le latin. C'est très curieux, car au fond l'essentiel de l'argumentation ne devrait certainement pas se situer au niveau du choix de la langue, mais plutôt du contenu des prières, seule et véritable différence entre les deux messes. Il semble donc que les opposants au latin ne s'intéressent même pas au différences d'ordre christologiques, ce qui est très surprenant. En se focalisant contre le latin, ils montrent que ce qui les préoccupe le plus, c'est l'esthétique "à la romaine", capable d'entraîner tout le peuple à aimer Rome, le Vatican, le Pape... ce serait une grande perte de pouvoir d'un certain système gallicano-social au sein de l'Eglise de France.

Ainsi donc, qu'il s'agisse de la messe en latin du Concile ou de la messe en latin d'avant le Concile, la plupart des catholiques ne voient pas la différence faute de n'avoir jamais vu la première des deux. Dans l'inconscient collectif, il y a la messe en latin et la messe en français, point. Ce qui surprend, c'est que le clergé français, pourtant très au courant de la chose, se comporte comme s'il n'en savait pas plus. Il s'oppose à la messe en latin, sans autre forme de procès.

Pour ce faire, mais sans s'opposer clairement au motu proprio de Benoît XVI, on applique toujours les mêmes recettes depuis le motu proprio de Jean-Paul II en 1988. Voici un petit catalogue des astuces qui ont encore cours aujourd'hui afin de refroidir l'ardeur des fidèles pro-latin, et ce qu'il s'agisse de messe traditionaliste ou de messe du Concile, car le traitement est strictement le même (!) :

1 - attribuer une église trop petite, ce qui laissera chaque dimanche des fidèles sur le trottoir
2 - attribuer une seule église située en périphérie de ville
3 - attribuer une église où le stationnement est quasiment impossible (sachant que beaucoup de fidèles viennent de loin)
4 - attribuer un horaire tôt le matin (9h00) ou tard le soir (18h30), mais jamais à une heure pratique (10h00)
5 - autoriser la messe un dimanche sur deux, ou en alternant les lieux (voire les deux inconvénients en même temps) pour empêcher la communauté de se fixer
6 - "coincer" la messe juste avant une autre messe, sachant qu'une messe chantée en latin dure au minimum 1h15, et que les "incompréhensions" entre la communauté qui sort (latin) et celle qui entre (français) peuvent s'en trouver exacerbées
7 - attribuer une messe dans une petite église dotée d'un seul autel, de sorte que le parement dos au peuple doit être installé et démonté à toute vitesse entre les messes, ce qui est source d'agacement pour les deux communautés
8 - donner la messe à dire à un prêtre qui n'aime pas la dire et qui ne s'en cache pas et empêcher ainsi une saine adhésion entre le pasteur et la communauté
9 - donner la messe à dire à plusieurs prêtres à tour de rôle, ce qui empêche la communauté d'avoir un prêtre attitré, et la prive ainsi d'un pasteur

Vous pouvez cumuler plusieurs points (par exemple : 1, 4, 6, 7, 8 et 9 = un exemple réel).

Il faut savoir que la France est, comme d'habitude, très en retard sur le reste du monde. C'est tout de même le seul pays du monde où les vocations sacerdotales n'ont pas remonté depuis le début du pontificat de Jean-Paul II. C'est un signe ! D'autre part l'usage du latin et le port de la soutane n'indisposent que les français : en Afrique, en Asie, aux Etats-Unis, dans les pays de l'Est... aucun problème ! En France il faudra du temps pour que tous les catholiques constatent que la messe en latin et le retour aux vêtements ecclésiastiques ne les menacent en rien. Le multiplication des messes traditionnelles, déja bien commencée notamment dans les communautés religieuses, commence déja à apporter à des milliers de catholiques la preuve que le latin ne menace personne, mais que bien au contraire il contribue efficacement au renforcement de la foi, à la cohésion de l'Eglise, à l'édification de la liturgie, et à la conversion des âmes.

Source: radix.ecclesiae

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