Depuis Vatican II, un même constat traverse les milieux traditionalistes :
l'Église a rompu avec sa propre tradition, sur tous les fronts à la fois.
En liturgie, la messe millénaire a été remplacée en 1969 par un rite nouveau, désacralisé — et quand Summorum Pontificum (2007) a timidement rouvert la porte à l'ancien missel, Traditionis Custodes (2021) l'a claquée à nouveau.
En doctrine, trois textes ont tout changé : la liberté religieuse proclamée comme un droit (Dignitatis Humanae), l'unicité du salut par l'Église diluée dans l'œcuménisme (Unitatis Redintegratio), les fausses religions traitées avec égard (Nostra Aetate). Ce que les papes du XIXe siècle condamnaient comme erreur est devenu doctrine officielle.
Les États catholiques ont suivi : Espagne, Colombie, Italie ont tour à tour renoncé à leur confessionnalité. Le Christ-Roi social, ce n'est plus qu'une fête au calendrier.
Et les gestes ont suivi les textes : prières communes avec toutes les religions à Assise (1986), un pape baisant le Coran (1999), des papes en recueillement dans des mosquées (2001, 2006), une déclaration signée avec l'islam affirmant que Dieu voudrait la diversité des religions (Abou Dhabi, 2019), une idole andine honorée au cœur même du Vatican (2019).
Plus récemment, Amoris Laetitia puis Fiducia Supplicans ont ouvert des brèches supplémentaires dans la morale et les sacrements.
Rien d'accidentel dans tout cela : c'est la mise en pratique cohérente, geste après geste, texte après texte, d'une même rupture organisée à l'intérieur du concile Vatican II par des évêques français et allemands franc-maçons.
La question que se posent beaucoup de catholiques : Vatican II : un demi-siècle de renoncements : jusqu'où ira-t-on ?
