Crise dans l’Eglise : Qui est catholique ?

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A l’heure où l’évêque de Bâle, Mgr Felix Gmür,  vient de contester un principe de droit divin en estimant,  contrairement à l’affirmation infaillible contenue dans la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis de Jean Paul II, qu’il n’était pas impensable  d’ordonner des femmes, voici deux textes qui révèlent on ne peut plus clairement que le désordre actuel dans l’Eglise est à son comble. Elle a pour aboutissement logique d’ostraciser ceux qui ont conservé l’intégralité de la foi et qui veulent la transmettre.

A ma gauche Philippe Charmillot, ordonné diacre permanent, établi au Noirmont, au bénéficie d’une mission canonique, à ma droite  l’abbé François Brunet de Courssou,  prêtre validement ordonné desservant l’Eglise du Saint Esprit de Delémont, issu du séminaire d’Ecône et par conséquent  frappé d’une suspens a divinis, selon les autorités romaines. Le premier a écrit en novembre 2012, dans les colonnes du Quotidien jurassien, un article intitulé « A propos de l’au-delà » auquel le second a répondu dans un courrier de lecteur que la rédaction du Qj a refusé de publier au motif qu’elle ne souhaitait pas rentrer dans des querelles théologiques. Je vous laisse juge.

 Philippe Charmillot : A Propos de l’au-delà

Quand on est jeune, que tout va bien, la mort est une réalité qui ne concerne que les autres. Mais lorsque l’on prend de l’âge, lorsqu’une maladie subite nous atteint ou lorsqu’une personne aimée s’en va, on se retrouver confronté à la dureté de l’existence…

Ce processus est identique depuis que l’homme existe, quels que soient la culture et le statut social.

De tout temps, l’être humain a cherché une réponse à son interrogation : « Pourquoi la mort ? » et s’est souvent révolté faceà ce qui peut paraître comme une injustice. Sa culture et ses expériences lui ont donné une esquisse de réponse qui se trouve en quelques courants importants.

1)      L’Hindouisme et le bouddhisme proposent la réincarnation ou renaissance. Plusieurs chances de refaire sa vie sont offertes à chaque individu afin d’être toujours plus parfait. L’objectif est d’atteindre la perfection, pour échapper à la réincarnation qui est considérée de manière négative en Asie.

2)      La philosophie africaine répond aux questions de l’au-delà par le culte des ancêtres. La communauté et la famille étant au centre de leur existence, le culte des ancêtres est une solidarité extrême entre les vivants et les morts.

3)      Le christianisme parle de résurrection et d’une vie terrestre unique. Tout se joie sur la terre, grâce à la liberté humaine reçue par chacun. L’Homme peut ainsi se transformer aussi bien en instrument de paix que d’injustice. Et la grâce de Dieu fera le reste.

4)      La tradition musulmane rapporte qu’au jour du jugement, il y aura une balance pour peser les actes et le verdict sera prononcé : le paradis ou l’enfer. Mais le bonheur sans fin consiste à vivre éternellement avec Dieu.

5)      D’autres courants de pensée proposent une réponse aux questions en lien avec la mort. Notamment les athées qui disent que tout s’arrête avec la mort. Ou « qu’il faut attendre pour voir. » répondent les agnostiques.

Mais le défi n’est pas de savoir qui a raison. Les différents modèles de croyance à une vie après la mort doivent être perçus comme des chances. Car il est urgent d’offrir à nos contemporains une espérance. Dans un monde où chacun pour soi court après le bonheur. Voilà pourquoi l’éternité est la plus folle et la plus belle des promesses.

Réponse de l’Abbé François Brunet de Courssou :

Dans un article « A propos de l’au-delà », Philippe charmillot, diacre de l’Eglise catholique, soulève deux bonnes questions.

La première est le titre lui-même : que se passe-t-il après la mort ? C’est une question qui mérite une réponse. Or là, nous n’en avons pas une, mais cinq !. Chacune semble être une option dont on fait le choix, comme entre différentes marques de montres qui de toute façon indiquent la même heure. Ce n’est pas du tout la position de l’Eglise catholique. Celle-ci nous enseigne bien qu’après la mort, nous allons soit au ciel, soit au purgatoire, soit en enfer. Elle nous enseigne aussi que nous ne pouvons aller au ciel que par l’Eglise catholique, et c’est la raison pour laquelle nous avons reçu de Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, la charge d’aller annoncer l’Evangile à toutes les nations et de les baptiser en son nom. Ne nous bandons pas les yeux en disant que peu importe le moyen, « l’urgence est d’offrir à nos contemporains une espérance ». Ces cinq montres ne donnent pas la même heure…

La deuxième question est posée dans le troisième paragraphe : « Pourquoi la mort ? ». Toute question appelle une réponse, mais là, rien…Pas de réponse. Pourtant saint Paul, le grand prédicateur et modèle des diacres a dit «  De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé en tous les hommes, du fait que tous ont péché »(Rm 5,12)

Voilà le véritable enseignement de l’Eglise. Oui, il est important de savoir qui a raison. La foi est une certitude que nous devons transmettre, surtout ceux qui en ont reçu la charge par leur ordination.