Sidération : profond bouleversement psychique ou émotionnel qui paralyse la réflexion et la capacité d’action.
 
Cette définition s’applique à l’attitude d’une immense majorité de nos contemporains qui se trouvent incapables de comprendre les enjeux de la pensée unique et de la morale « républicaine » dont on nous rebat les oreilles à longueur de temps, surtout depuis l’instauration du fameux « esprit Charlie ». Elle s’applique également, hélas ! à l’école dite catholique qui vient, une fois encore, de montrer sa totale soumission au système politico-médiatique.
 
Dans un communiqué publié il y a quelques jours, l’Enseignement catholique s’associe à sa manière à la Charte de la laïcité rendue obligatoire dans les établissements publics. Il écrit :...
"L’adoption le 7 juillet dernier par le comité national de l’Enseignement catholique du texte intitulé “Projet éducatif et éthique républicaine” constitue l’une des contributions importantes de l’Enseignement catholique à la mobilisation en faveur des Valeurs de la République. En effet, la charte de la laïcité 2013 que la circulaire de rentrée 2015 du ministère demande de présenter à la signature des parents, ne s’applique pas aux établissements catholiques. Pour autant, l’Enseignement catholique a demandé à ses établissements, en lien avec les autorités de tutelle, d’intégrer un texte dans le projet éducatif que les parents signent au moment des entretiens d’inscription. Ce texte souligne comment la laïcité peut trouver place dans les orientations éducatives de l’école catholique."*
 
 
On croit rêver. L’histoire de notre pays montre pourtant que la République n’a eu de cesse de mettre la main sur l’école et de formater les intelligences pour faire des élèves de bons petits républicains. Il suffit de se référer aux nombreux écrits des penseurs républicains, brillamment exposés par Vincent Peillon dans sa biographie intitulée Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, parue en 2010, pour comprendre à quel point la lutte contre la liberté de l’enseignement et l’endoctrinement des consciences est une constante du régime. Cela, aucun dirigeant d’une école catholique ne saurait l’ignorer. Et l’état de sujétion dans lequel l’enseignement privé sous contrat est tenu par l’État en est la preuve éclatante. 
 
Au lieu de mener le combat pour la liberté fondamentale d’éducation, qui relève de la responsabilité des parents, l’école privée n’a de cesse, depuis des décennies, de se couler dans le moule et de donner au régime des gages de républicanisme qui ne lui ont jamais valu que du mépris, des règles plus contraignantes chaque année, et l’obligation de suivre à la lettre les programmes de l’Éducation nationale, si funestes soient-ils. 
 
C’est donc l’école catholique qui se plie désormais à la doxa des « valeurs de la République ». En matière scolaire, ces fameuses valeurs sont aux antipodes de la liberté chrétienne, liberté de conscience, liberté de croire, liberté d’enseigner, liberté de penser et d’agir en accord avec sa foi. En s’aplatissant devant les oukases de madame Vallaud-Belkacem, l’enseignement privé accomplit le dernier acte de trahison à la mission qui lui est confiée. Il n’est même pas certain qu’il en ait conscience : c’est l’effet de la sidération. 
 
À quand la suppression totale de l’adjectif « catholique » de son enseigne ? Pour révolutionnaire qu’elle soit en apparence, la mesure aurait au moins le mérite de la clarté. Et rappellerait à tous que, finalement, l’école privée n’est plus qu’une école publique payante. 
 
Source: Boulevard Voltaire - François Teutsch

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