Menzingen, le 28 octobre 2019

En la fête des saints Simon et Jude, apôtres

Chers Membres de la Fraternité,

Le récent synode sur l’Amazonie a été le théâtre de spectacles exécrables où l’abomination de rites idolâtres est entrée dans le sanctuaire de Dieu d’une façon inédite et impensable. De son côté, le document final de cette assemblée tumultueuse s’en prend à la sainteté du sacerdoce catholique, en poussant à l’abolition du célibat ecclésiastique et au diaconat féminin. Vraiment les germes de l’apostasie, que notre vénéré Fondateur, Monseigneur Marcel Lefebvre, avait très tôt identifiés comme étant à l’œuvre dans le Concile, continuent à porter tous leurs fruits avec une efficacité renouvelée.

Au nom de l’inculturation, des éléments païens s’intègrent de plus en plus dans le culte divin et l’on constate, encore une fois, comment la liturgie de Vatican II s’y prête parfaitement.

Devant une telle situation, nous appelons tous les membres de la Fraternité et les tertiaires à une journée de prière et de pénitence réparatrice, car nous ne pouvons rester indifférents devant de telles attaques envers la sainteté de l’Eglise notre mère. Nous demandons qu’un jeûne soit observé dans toutes nos maisons le samedi 9 novembre prochain. Nous invitons tous les fidèles à faire de même et nous encourageons aussi les enfants à offrir prières et sacrifices.

Le dimanche 10 novembre 2019, chaque prêtre de la Fraternité célèbrera une messe réparatrice, et dans chaque chapelle seront chantées ou récitées les Litanies des Saints, tirées de la liturgie des Rogations, pour demander à Dieu de protéger son Eglise et de lui épargner les châtiments que de tels actes ne peuvent manquer d’attirer. Nous invitons instamment tous les prêtres amis, ainsi que tous les catholiques qui aiment l’Eglise, à faire de même.

Il en va de l’honneur de l’Eglise romaine fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui n’est pas une foire idolâtre et panthéiste.

Abbé Davide Pagliarani

Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Quand Donald Trump défend la Vie et dénonce les projets pro-avortement de l'ONU :

"Les Américains ne cesseront jamais de défendre la vie innocente. Plusieurs projets de l'ONU cherchent à favoriser des droits à l'avortement jusqu'au moment de la naissance, ces bureaucrates n'ont pas à toucher à la souveraineté des nations qui cherchent à protéger la vie."

"L'avenir n'appartient pas aux mondialistes. L'avenir appartient aux patriotes. L'avenir appartient aux nations souveraines et indépendantes, qui protègent leurs citoyens, respectent leurs voisins et honorent les différences qui font chaque pays spécial et unique."

Le pape François se montre favorable à l'obéissance à l'ONU :

"Les organisations internationales, quand nous les reconnaissons et que nous leur donnons la capacité de juger au niveau international — pensons au Tribunal International de La Haye ou aux Nations Unies — quand elles se prononcent, si nous sommes une unique humanité, nous devons obéir. Il est vrai que les choses qui semblent justes pour toute l’humanité ne le sont pas toujours pour nos poches, mais il faut obéir aux institutions internationales."

Le pape émérite Benoît XVI a fait paraître le 11 avril 2019 un texte d’une douzaine de pages dans le mensuel allemand Klerusblatt. Il s’exprime à propos des scandales dans l’Eglise, de la grave crise qu’ils provoquent, et des attaques régulières dont l’institution ecclésiastique est l’objet de la part des médias. Il précise qu’il publie ce travail avec l’accord du Secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, et du pape François.

Les mérites de ce texte sont incontestables, à plusieurs titres. En pleine tourmente, son auteur cherche à éclairer certaines zones sombres et va jusqu’à révéler des dysfonctionnements profonds, passés et présents, dans l’Eglise. Il faut reconnaître un certain courage à ce qui pourrait ressembler à une sorte de mea culpa. Peut-être l’approche de l’éternité est-elle pour quelque chose dans ces considérations ?

Une prise de parole critiquée par l’intelligentsia médiatique

D’ailleurs, les médias dans l’air du temps ne s’y sont pas trompé et les critiques ont fusé de toutes parts contre une analyse qui dérange. Les arguments les plus improbables sont employés pour discréditer le message de l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (CDF).

Certains le disent « manipulé » par son entourage ou mettent en doute le fait qu’il en soit vraiment l’auteur. L’opportunité de cette publication est fortement contestée. Marco Politi, vaticaniste progressiste reconnu, ne craint pas de parler de pamphlet et d’asséner : « Le pape émérite aurait dû choisir le silence » car, « dans les moments les plus graves, une seule voix doit être entendue au sommet, sinon on sème la confusion ». Il soupçonne Benoît XVI d’être « sous l'influence des cardinaux allemands ultra-conservateurs Walter Brandmüller et Gerhard Müller », l’ancien Préfet de la CDF que le pape argentin n’a pas reconduit en 2017 ; deux prélats qui seraient, selon lui, « engagés dans une vaste opération de diversion pour faire endosser les péchés de pédophilie au sein de l'Eglise à la culture gay et à la perte de la foi ».

Face à de telles réactions, les réflexions de l’ancien pape allemand méritent d’être analysées sereinement. Elles s’articulent en trois parties : le contexte social ; ses conséquences sur les hommes d’Eglise ; la recherche d’une solution adaptée.

Première partie : les causes

Le contexte social de la libération des mœurs

Benoît XVI entend d’abord rappeler que « dans les années 1960, un événement d’une ampleur sans précédent dans l’histoire s’est produit. On peut dire qu’en vingt ans, de 1960 à 1980, les normes en matière de sexualité se sont complètement effondrés ».

Telles sont les causes profondes des abus : la révolution libertaire des années 60 et la mise en place agressive d’une éducation sexuelle de plus en plus débridée, accompagnée de l’irruption de la pornographie qui envahit alors les écrans de cinéma puis ceux de la télévision. Dès cette époque, l’on trouve des chantres de la pansexualité pour louer et promouvoir la pédophilie.

Cette analyse est vivement contestée par les faiseurs d’opinion. Il suffit pourtant de consulter l’article sur l’Apologie de la pédophilie publié sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia pour être édifié à ce sujet. L’introduction est instructive : « L’apologie de la pédophilie est l’ensemble des actions, écrits et prises de position visant à faire accepter socialement la pédophilie ou simplement à en faire l’éloge. Cette tendance a principalement existé à l’époque dite de la révolution sexuelle, essentiellement dans les années ayant immédiatement suivi 1968, du fait de personnes se présentant elles-mêmes comme pédophiles, mais aussi de “sympathisants”. Des groupes de personnes et des individus isolés ont alors cherché à présenter la pédophilie comme une attirance sexuelle acceptable, ou à contester les notions de majorité sexuelle ou d’abus sexuel sur mineur. La pédophilie a parallèlement fait l’objet à l’époque de diverses formes de complaisance, médiatiques, politiques ou intellectuelles. Cette mouvance n’a jamais atteint un niveau de reconnaissance durable et notable malgré, dans les années 1970, quelques soutiens médiatiques et politiques de portée limitée. »

En France, un journal comme Libération a longtemps milité pour l’assouplissement de la législation en matière de détournement de mineurs, à grand renfort de pétitions que signaient des personnalités comme Aragon, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, François Chatelet, Patrice Chéreau, Jacques Derrida, Françoise Dolto, Michel Foucault, André Glucksmann, Félix Guattari, Bernard Kouchner, Jack Lang, Alain Robbe-Grillet, Jean-Paul Sartre, Philippe Sollers… Daniel Cohn-Bendit, figure de mai 68, fit l’éloge de la pédophilie, fût-ce avec une fillette de cinq ans.

Benoît XVI voit dans ce flot nauséabond qui considérait la pédophilie comme « autorisée et appropriée » l’une des explications de la corruption de la jeunesse, y compris parmi toute une génération de prêtres dont beaucoup firent alors massivement défection.

La révolution de la théologie morale

Parallèlement avait lieu un « effondrement » de la théologie morale et de l’enseignement de l’Eglise en matière de mœurs. Ce fut le fruit d’une véritable révolution, née du mépris conscient de la loi naturelle.

Benoît XVI écrit : « Jusqu’au concile Vatican II, la théologie morale catholique était largement fondée sur la loi naturelle, tandis que les Saintes Écritures n’étaient citées que comme contexte ou fondement. Dans la lutte du Concile pour une nouvelle compréhension de la Révélation, l’option de la loi naturelle a été largement abandonnée, et une théologie morale entièrement basée sur la Bible était réclamée. »

L’aveu est de taille : c’est bien le Concile qui est donné comme responsable de l’abandon de la loi naturelle. L’analyse de Benoît XVI reconnaît cet abandon, sans mesurer semble-t-il qu’il constitue une rupture de la tradition. Car la théologie morale ne saurait se passer ou se détacher de la loi naturelle : la grâce ne détruit pas la nature, mais la présuppose. Vouloir construire la morale sans elle, est un pur non-sens (Cf. Nouvelles de Chrétienté, n° 176, mars-avril 2019, pp. 5-9). De plus, prétendre opposer loi naturelle et Révélation est illusoire. Car la loi naturelle est contenue dans la Sainte Ecriture, source de la Révélation, comme le montre clairement le Décalogue. Cette loi est inscrite dans le cœur de l’homme par Dieu Lui-même, Auteur de la nature.

De là les innombrables dérives de la nouvelle théologie, et spécialement le relativisme moral, que dénonce justement Benoît XVI. De là encore, la revendication d’indépendance de la part des théologiens vis-à-vis du Magistère, perçu comme ennemi de la liberté et frein au progrès de la théologie et de l’humanité. Benoît XVI mentionne plusieurs épisodes de cette contestation.

Il tente de se défendre, et Jean-Paul II avec lui, en mettant en avant son action lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. C’est sous sa direction que fut publié le nouveau Catéchisme de l’Eglise catholique, tandis que l’encyclique Veritatis splendor venait, malgré ses limites, réaffirmer l’existence des fondements intangibles de la morale.

Les attaques contre le Magistère de l’Eglise

Le pape émérite mentionne aussi cette « hypothèse selon laquelle le Magistère de l’Eglise ne devrait avoir la compétence finale (“infaillibilité”) qu’en matière de foi ». Largement répandue et acceptée, elle avait pour conséquence que « les questions de moralité ne devraient pas entrer dans le champ des décisions infaillibles du Magistère de l’Eglise ».

Bien qu’il voie dans cette hypothèse « probablement quelque chose de juste » – ce qui est lui donner consistance –, Joseph Ratzinger défend l’existence d’une « morale minimale indissolublement liée au principe fondateur de la foi », sans laquelle ne pourrait exister l’infaillibilité de l’Eglise et du pape en matière de foi et de mœurs. Les contestataires les plus radicaux, en l’ignorant, prétendent logiquement que « l’Eglise n’a pas et ne peut pas avoir sa propre moralité ».
La réponse du pape émérite est l’affirmation nette que le fondement de toute morale est la révélation que l’homme a été créé à l’image de Dieu, la foi au Dieu unique, et l’aspect pérégrinant de la vie chrétienne. Nous cheminons vers la patrie, et l’Eglise doit protéger les fidèles du monde.

Deuxième partie : les effets

Le deuxième volet des réflexions de Benoît XVI montre quels furent les ravages provoqués par la double dissolution de la morale chrétienne et de l’autorité de l’Eglise en matière de mœurs. C’est ici qu’il s’emploie à dénoncer les effets tout en épargnant le Concile et ses réformes. Il reconnaît cependant l’insuffisance des moyens de sanction – et de guérison – que l’Eglise s’est donnés après le Concile.

Rupture de la formation dans les séminaires

L’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qui en sait long sur le sujet, évoque d’abord la formation des prêtres. Il admet sans ambages qu’en « ce qui concerne le problème de la préparation au ministère sacerdotal dans les séminaires, il y a en fait une rupture profonde avec la forme précédente de cette préparation. » Cette rupture dans la formation a permis que, « dans plusieurs séminaires, des clans homosexuels se sont constitués, qui ont agi plus ou moins ouvertement et ont changé de manière significative le climat des séminaires. Dans un séminaire du sud de l’Allemagne, des candidats au sacerdoce et des candidats au ministère laïc d’assistant pastoral vivaient ensemble. Aux repas communs, les séminaristes et ces candidats mangeaient ensemble, (…) ces derniers parfois accompagnés de leurs épouses et de leurs enfants, ou même de leurs petites amies. Le climat de ce séminaire ne pouvait prétendre assurer la préparation à la vocation sacerdotale ».

Le Saint-Siège avait connaissance de ces problèmes, répandus particulièrement aux Etats-Unis. Des visites apostoliques furent organisées. C’est ici la seule mention de l’homosexualité dans les séminaires.  Dans un document traitant de la pédophilie, c’est plus que n’en peuvent supporter les médias et faiseurs d’opinion… 

Rupture dans le recrutement des évêques

Dans ce climat d’effondrement moral, Joseph Ratzinger avoue également que l’application du Concile eut pour conséquence de faire monter dans la hiérarchie de l’Eglise des pasteurs insuffisamment formés à leurs tâches. 

« Les critères de sélection et de nomination des évêques ayant également été modifiés après le concile Vatican II, les relations des évêques avec leurs séminaires étaient également très différentes. Par-dessus tout, un critère pour la nomination de nouveaux évêques était maintenant leur “conciliarité”, ce qui pouvait être compris comme signifiant des choses assez différentes. Dans de nombreuses parties de l’Eglise, les attitudes conciliaires étaient comprises comme une attitude critique ou négative à l’égard de la tradition existante, qui devait maintenant être remplacée par une nouvelle relation, radicalement ouverte, avec le monde. Un évêque, qui avait été auparavant recteur de séminaire, avait organisé la projection de films pornographiques aux séminaristes, prétendant les rendre ainsi résistants à des comportements contraires à la foi. Il s’est trouvé – pas seulement aux Etats-Unis – des évêques rejetant la tradition catholique dans son ensemble et cherchant à faire naître une sorte de nouvelle “catholicité”, moderne, dans leurs diocèses. »

Derrière ce constat se cache la véritable « épuration » dont furent victimes les évêques attachés à la tradition, systématiquement mis de côté ou remplacés par un épiscopat progressiste acquis aux idées nouvelles, celles du Concile et de l’aggiornamento qui autorisait à peu près n’importe quoi. C’est l’application de Vatican II par le pape Paul VI qui est ici en jeu à travers la nomination des évêques. Un sujet qui mériterait d’être approfondi. 

Rupture dans la législation canonique

Benoît XVI aborde enfin directement la question de la pédophilie et de l’insuffisance des moyens de répression fournis par le nouveau Code de Droit canonique. Ce passage est particulièrement instructif.

« La question de la pédophilie (…) ne s’est posée que dans la seconde moitié des années 1980 ». Les évêques des Etats-Unis, où le problème était devenu public, « demandèrent de l’aide, car le droit canonique, consigné dans le nouveau Code (1983), ne semblait pas suffisant pour prendre les mesures nécessaires. (…) Ce n’est que lentement qu’un renouvellement et un approfondissement du droit pénal délibérément peu structuré du nouveau Code ont commencé à prendre forme. »

A la source de cette faiblesse délibérément voulue, « il y avait un problème fondamental dans la perception du droit pénal. Seul le garantisme 1 était considéré comme “conciliaire”. Il fallait avant tout garantir les droits de l’accusé, dans une mesure qui excluait en fait toute condamnation. (…) Le droit à la défense par voie de garantie a été étendu à un point tel que des condamnations étaient difficilement possibles. »

Le pape émérite justifie son action, en expliquant la conduite tenue : « Un droit canonique équilibré (…) ne doit donc pas seulement protéger l’accusé (…). Il doit aussi protéger la foi (…). Mais personne aujourd’hui n’accepte que la protection de la foi soit un bien juridique. »

A cause de ce garantisme, il fallut contourner la difficulté en transférant les compétences de la Congrégation du Clergé, normalement responsable du traitement des crimes commis par les prêtres, à la Congrégation pour la Doctrine de la foi sous le chef de “Délits majeurs contre la foi”. Ceci permit « d’imposer la peine maximale, l’expulsion, qui n’aurait pu être imposée en vertu d’autres dispositions légales. » Afin de protéger la foi, il fallut pour ce faire mettre en place une véritable procédure pénale, avec possibilité d’appel à Rome.

Ainsi la logique implacable du personnalisme, qui fait passer l’individu avant la société et le bien commun, a rendu la justice de l’Eglise quasiment inopérante avec le Code de Droit canonique de 1983. Depuis lors, la curie romaine s’est employée à contourner l’obstacle, au prix de contorsions juridiques et avec des résultats mitigés. Un gâchis…

Troisième partie : perspectives

Benoît XVI achève ses réflexions en essayant de donner quelques perspectives de solution.

Rappeler l’existence de Dieu car une société sans Dieu supprime la distinction entre bien et mal

S’adressant dans ce texte à des prêtres principalement, il les exhorte à s’en remettre à l’amour de Dieu mais aussi à réaffirmer fortement l’existence de Dieu à la face du monde. Il faut reconnaître l’intervention divine dans l’histoire des hommes, car le refus de Dieu entraîne la destruction de la liberté :
« Une société sans Dieu – une société qui ne Le connaît pas et Le traite comme inexistant – est une société qui perd sa mesure. De nos jours, on a inventé le slogan de la mort de Dieu. Quand Dieu meurt dans une société, elle devient libre, nous a-t-on assuré. En réalité, la mort de Dieu dans une société signifie aussi la fin de la liberté, parce que ce qui meurt, c'est le but qui donne une orientation. Et parce que disparaît la boussole qui nous indique la bonne direction en nous apprenant à distinguer le bien du mal. La société occidentale est une société dans laquelle Dieu est absent de la sphère publique et n'a plus rien à lui offrir. Et c'est pourquoi c'est une société dans laquelle la mesure de l'humanité est de plus en plus perdue. »

C’est par l’absence de Dieu que certains en sont arrivés à répandre le laxisme étendu jusqu’à la pédophilie.

Au passage, Benoît XVI relève que les hommes d’Eglise ne parlent pas suffisamment de Dieu dans la sphère publique. Il semble regretter que la Constitution européenne ignore Dieu comme « principe directeur de la communauté dans son ensemble ». A qui la faute, alors que depuis Vatican II les autorités de l’Eglise se sont employées à détruite les Etats catholiques en supprimant l’invocation du Dieu un et trine en tête de leurs constitutions ?

La question liturgique

Le pape émérite poursuit : il ne suffit pas de rappeler l’existence de Dieu, il faut encore vivre de l’Incarnation, particulièrement à travers la sainte Eucharistie. Fidèle à ses enseignements passés, il dresse un constat troublant :

« Notre célébration de l’Eucharistie ne peut que susciter l’inquiétude. Le concile Vatican II a voulu le retour de ce sacrement de la Présence du Corps et du Sang du Christ, de la Présence de sa Personne, de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, au centre de la vie chrétienne et de l’existence même de l’Eglise. (…) Pourtant, une attitude assez différente prévaut. Ce qui prédomine n’est pas une nouvelle révérence pour la présence de la mort et de la résurrection du Christ, mais une manière de traiter avec Lui qui détruit la grandeur du Mystère. Le déclin de la participation à la célébration eucharistique dominicale montre combien nous, chrétiens d’aujourd’hui, savons encore peu de choses sur la grandeur du don qu’est sa présence réelle. L’Eucharistie est dévalorisée en un simple geste cérémoniel lorsqu’on tient pour acquis que la courtoisie (sic) exige qu’il soit offert à tous ceux qui sont invités (…). » 

Ces considérations sont proprement stupéfiantes, et montrent très clairement les limites de l’analyse de l’ancien pape, qui reste attaché à la réforme de Paul VI tout en déplorant une liturgie devenue banale parce que désacralisée. Nous y reviendrons.

La foi en l’Eglise

Enfin l’ancien Souverain Pontife se penche sur le mystère de l’Eglise. Il s’interroge et se lamente sur des (pseudo) renaissances qui n’ont finalement pas eu de lendemain. De même qu’il vient d’expliquer que Vatican II avait voulu « un retour » du sacrement de l’Eucharistie – pour un piètre résultat –, de même il explique que Vatican II voulut faire de l’Eglise une réalité non plus extérieure mais censée « s’éveiller dans les âmes ». Cinquante ans plus tard, « en reconsidérant ce processus et en regardant ce qui s'était passé », il est tenté de dire : « l'Église meurt dans les âmes. » Ce constat d’un échec patent devrait conduire à remettre en question les principes ecclésiologiques de Vatican II. Malheureusement il n’en est rien. Benoît XVI trouve une autre explication :

« L’Eglise aujourd’hui est largement considérée comme une sorte d’appareil politique [il faudrait plutôt dire sociologique]. On en parle presque exclusivement en catégories politiques, et cela vaut même pour les évêques, qui formulent leur conception de l’Eglise de demain presque exclusivement en termes politiques. La crise, provoquée par les nombreux cas d’abus cléricaux, nous pousse à considérer l’Eglise comme quelque chose de presque inacceptable, que nous devons maintenant prendre en main et redessiner. Mais une Eglise qui s’est faite elle-même ne peut constituer une espérance. »

Il y aura toujours de l’ivraie parmi le bon grain dans le champ du Seigneur, et des mauvais poissons à côté des bons dans les filets de pêche de l’Eglise. Et de conclure par une belle application d’un passage de l’Apocalypse (12, 10) où le diable est présenté comme « l’accusateur de nos frères », comme il fit avec Job en l’accusant devant Dieu.

« Le Dieu Créateur est affronté au diable qui dit du mal de toute l’humanité et de toute la création. Il dit, non seulement à Dieu, mais surtout au monde : Regardez ce que ce Dieu a fait. Soi-disant une bonne création, mais en réalité pleine de misère et de dégoût. (…) Il veut prouver que Dieu Lui-même n’est pas bon, et ainsi nous détourner de Lui. (…) Aujourd’hui, l’accusation contre Dieu, c’est avant tout de qualifier Son Eglise d’entièrement mauvaise, et donc de nous en éloigner. L’idée d’une Eglise meilleure, créée par nous-mêmes, est en fait une proposition du diable, avec laquelle il veut nous éloigner du Dieu vivant, par une logique trompeuse par laquelle nous sommes trop facilement dupés. Non, même aujourd’hui, l’Eglise n’est pas seulement composée de mauvais poissons et de mauvaises herbes. L’Eglise de Dieu existe aussi aujourd’hui, et c’est aujourd’hui l’instrument même par lequel Dieu nous sauve. Il est très important d’opposer les mensonges et les demi-vérités du diable avec toute la vérité : oui, il y a le péché dans l’Eglise et le mal. Mais même aujourd’hui, il y a la Sainte Eglise, qui est indestructible. »

Ce beau passage, s’il est consolant, ne doit pas cacher la réalité de la crise déclenchée par des doctrines délétères répandues à pleines mains par de mauvais pasteurs.
 

Commentaire

Une analyse limitée

Le diagnostic porté par Benoît XVI, s’il est sévère et paraît lucide, reste néanmoins dans la ligne symptomatique : il décrit la maladie par ce qui la manifeste, il remonte à certaines de ses causes, mais il est incapable d’identifier les causes profondes et véritables, ou de nommer la maladie elle-même. Ce qui a pour conséquence qu’il ne peut proposer que des soins palliatifs, qui, comme chacun sait, ne font qu’atténuer les symptômes d’une maladie sans agir sur sa cause.

Certes, la révolution libertaire a profondément marqué la société dans laquelle nous vivons, et elle abîme les consciences. Mais cette révolution fut concomitante avec le Concile, qui s’était justement donné pour mission de « scruter les signes des temps » afin de répondre aux aspirations du monde. Ce faisant, l’Eglise s’est lancée dans un maelström de réformes qui a emporté les fidèles comme les pasteurs.

Alors que mai 68 disait : « du passé faisons table rase », Vatican II avait déjà adopté cet esprit cherchant à faire de « la tradition table rase ». Cet esprit est bien présent dans plusieurs textes du Concile, comme Dignitatis HumanæUnitatis redintegratioGaudium et Spes, ainsi que dans les différentes déclarations qui vinrent le clôturer. Cette révolution s’est manifestée de multiples manières, en particulier dans les séminaires. La jeunesse cléricale et religieuse a été contaminée par l’ambiance d’un monde matérialiste, athée et licencieux.

De même, la révolution de mai 68 affirmait : « il est interdit d’interdire ». La théologie morale ébranlée a répété ce slogan en prônant le relativisme et le refus de régulation par le magistère.

Les symptômes sont donc patents. Mais Benoît XVI refuse d’en retrouver les causes dans le Concile et ses réformes, au nom de cette interprétation biaisée dont il fut le chantre : la fameuse « herméneutique de rupture » à laquelle il opposait une « herméneutique de la continuité » censée exonérer Vatican II et le magistère subséquent de toute responsabilité.

Des responsabilités écrasantes

En ces temps troublés, ceux de l’époque des années 60 jusqu’à nos jours, il faut affirmer que l’autorité n’a pas agi efficacement, ce qui est un signe soit de faiblesse tragique, soit de complicité. Mais n’était-ce pas « saint » Paul VI qui dirigeait la barque de Pierre à cette époque ? Ce « saint » a-t-il été faible à ce point, ou complice ?
Lorsqu’un effet est constaté avec régularité, il manifeste une cause. Vouloir la limiter à une herméneutique est insuffisant. L’induction doit être menée jusqu’au bout et il faut avoir le courage de remonter aux germes qui se trouvent dans le Concile, sous peine de renoncer au principe de causalité.

D’autant que les mesures prises pour essayer de résoudre le problème manifestent, à leur tour, cette cause qui prospère, tel un foyer infectieux. Le pape émérite est bien obligé de reconnaître l’insuffisance du nouveau Droit Canon, et son incapacité à résoudre les problèmes. Mais qui donc a promulgué ce Code ? Et qui a ensuite été obligé d’échafauder des solutions de secours, elles-mêmes insuffisantes ? N’est-ce pas « saint » Jean-Paul II ?

Et d’où vient cette insuffisance ? De ce principe de liberté moderne, appliqué à travers le personnalisme à toute la législation de l’Eglise, la rendant inopérante. C’est l’autorité qui s’est elle-même liée les mains en proclamant qu’elle ne voulait plus condamner, comme l’attestent les discours de Jean XXIII lors de l’ouverture du Concile et de Paul VI lors de sa clôture.

Quant à la cécité sur la nocivité de la réforme liturgique, elle est presque caricaturale. Le pape émérite affirme les bonnes intentions du Concile et ses belles réalisations. Il constate ensuite que le résultat est catastrophique, mais il se garde bien d’arriver à la conclusion qui s’impose. Le fait que les évêques ne voient plus l’Eglise que de manière politique ou sociologique ne le fait pas non plus s’interroger sur la qualité de l’ecclésiologie nouvelle véhiculée par Lumen gentium.

C’est pourquoi ses propositions pour un redressement, malgré une certaine valeur palliative, seront incapables d’éradiquer la maladie. Comme le disait Mgr Lefebvre, le modernisme est une sorte de sida spirituel répandu dans l’Eglise, qui affaiblit l’organisme en le privant de ses défenses. Ceux qui en sont frappés n’ont plus les forces nécessaires pour reconnaître l’agresseur et mettre en œuvre les moyens adaptés pour l’éliminer. Seule la restauration de toutes choses dans le Christ, par la fidélité de l’Eglise à sa propre tradition, à ses rites sacro-saints, à sa doctrine révélée, à sa morale parfaite et à sa discipline multiséculaire, pourront redresser la barque de Pierre et laver notre Sainte Mère des affronts qui la défigurent depuis trop longtemps.

Source: FSSPX News

L’Église catholique est en crise. Pas partout, puisqu’en un an, le nombre de catholiques a augmenté de 1,5 % dans le monde. Mais en Europe, où nombre d’églises sont désacralisées, et particulièrement en France où les prêtres se font rares dans les paroisses. Mgr. Bernard Podvin, ancien porte-parole de la Conférence des évêques de France, avait déclaré devant les caméras de KTO à Noël 2014 : « On manque de vocations… Quand on ordonne cent prêtres par an et qu’il en meurt 800 par an pour le territoire français, c’est évident. Le déficit est là et il est criant. »

C’est évident pour l’Église dite conciliaire, un peu moins pour l’Église traditionaliste. Mais les chiffres sont là. Depuis les ravages de Vatican II, la France sera bientôt sans prêtres et ...

Le jeudi 20 avril 2017, un site sera lancé par la Fraternité Saint-Pie X, en France. Le site aura pour nom FSSPX/Actualités. C’est une nouvelle particulièrement importante. Jusque là, la Fraternité Saint-Pie X ne disposait guère, en France, d’instrument satisfaisant et adéquat. En outre, ce site a vocation à remplacer le site DICI, qui assurait, dans l’espace francophone,  la communication de la FSSPX.

On peut avoir une idée de ce futur site par cette brève vidéo de présentation:

Lettre de la Commission Ecclesia Dei aux conférences épiscopales :

Éminence,

Excellence Révérendissime,

Comme vous le savez, différents types de rencontres et d’initiatives sont en cours depuis longtemps pour ramener la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans la pleine communion. Ainsi le Saint-Père a-t-il récemment décidé d’accorder à tous les prêtres de cet institut les pouvoirs de confesser validement les fidèles (Lettre Misericordia et misera, n. 12), de manière à assurer la validité et la licéité du sacrement qu’ils administrent et à ne pas laisser les personnes dans le doute.

Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles, malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint PieX, le Saint-Père, sur proposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, a décidé d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité, selon les modalités suivantes.

Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du Sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité.

En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement.

Certaine que, de cette façon aussi, on pourra éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle, cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration.

Au cours de l’audience du 24 mars 2017 accordée au Cardinal Président soussigné, le Souverain Pontife François a approuvé la présente Lettre et en a ordonné la publication.

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 mars 2017.

Gerhard Card. L. Müller Président

+ Guido Pozzo Archevêque titulaire de Bagnoregio Secrétaire

Addendum : Communiqué de la Maison générale sur la lettre de la Commission Ecclesia Dei au sujet des mariages des fidèles de la Fraternité Saint-Pie X

"Comme pour les dispositions prises par le pape François accordant la faculté de confesser aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X pour l’Année Sainte (1er septembre 2015), et étendant cette faculté au-delà de l’Année Sainte (20 novembre 2015), la Maison Générale apprend que le Saint-Père a décidé « d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité ». (Lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 27 mars 2017, publiée ce 4 avril)

Cette décision du Souverain Pontife prévoit que : « Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité. »

Mais elle dispose également que : « En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du sacrement. »

La Fraternité Saint-Pie X remercie profondément le Saint-Père pour sa sollicitude pastorale, telle qu’elle s’exprime à travers la lettre de la Commission Ecclesia Dei, dans le but de lever « les doutes quant à la validité du sacrement de mariage ». Le pape François veut manifestement que, comme pour les confessions, tous les fidèles qui souhaitent se marier en présence d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, puissent le faire sans aucune inquiétude sur la validité du sacrement. Il est à souhaiter que tous les évêques partagent la même sollicitude pastorale.

Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X s’emploieront fidèlement, comme ils le font depuis leur ordination, à préparer au mariage les futurs époux, selon la doctrine immuable du Christ sur l’unité et l’indissolubilité de cette union (cf. Mt 19, 6), avant de recevoir les consentements dans le rite traditionnel de la Sainte Eglise."

Le livre du Conseil permanent de la conférence des évêques de France a une grande qualité : il est court. C’est sa seule qualité.

Ce texte incarne ad nauseam un catholicisme couleur muraille qui semble avoir définitivement renoncé à sa dimension prophétique pour accompagner les lieux communs du temps, énoncés avec une platitude que n’oserait pas le moindre éditorialiste. Ce n’est plus une Eglise qui proclame le Christ, c’est le Mouvement d’accompagnement spirituel de la démocratie universelle (Masdu) dont parlait autrefois l’abbé de Nantes et Jean Madiran. Les quelques évêques qui ont signé ce texte s’en prennent sans le nommer à l’idée de Benoît XVI selon laquelle le christianisme est nécessairement une contre-culture. Dans leur petit confort (peut-on parler d’évêques bobos, déconnectés de leurs ouailles ?), ils ont renoncé à être la pierre angulaire ou le sel de la terre. C’est triste, sans saveur, sans intelligence, sans esprit, banalement humain.

Autre chose frappante : c’est le ton moralisateur employé vis-à-vis de la classe politique : certes, c’est très banal et assez juste de rappeler que nos politiciens professionnels ont failli à leur mission, mais, dans leur domaine, les évêques ont-ils fait beaucoup mieux ? Ont-ils transmis le dépôt de la foi ? Ont-ils évangélisé ? Ont-ils combattu l’apostasie dont parlait Jean-Paul II ? Ont-ils dénoncé l’hérésie et défendu la vérité ? Non, rien de cela, comme le montrent chaque semaine leurs communiqués insipides. Il n’y en avait aucun (soit à peu près zéro sur une centaine) hier à La Manif Pour Tous. Pire, hormis 2 évêques (deux, pas trois, deux seulement !), aucun n’a appelé publiquement à manifester pour la famille. La CEF n’a publié aucun communiqué. Mgr Ribadeau-Dumas, secrétaire général de la CEF, twittait hier 16 octobre, sur l’anniversaire de l’élection de Jean Paul II : « Ses mots résonnent encore : n’ayez pas peur. Ouvrez grandes les portes au Christ. » N’ayez pas peur, c’est ce que l’on demande à nos évêques…

PM. PDT

Au retour des JMJ, le pape a été interrogé dans l’avion par des journalistes au sujet des attentats perpétrés au nom de l’islam, comme la situation internationale l’exige. Le Figaro nous livre ce matin « le texte intégral de sa réponse ». Consternante.

Quand le souverain pontife affirme que « les musulmans ne sont pas tous violents », il est dans son rôle. Mais tout le reste de son discours est inaudible pour des chrétiens dont la foi a encore quelque vigueur, et même pour tous ceux, croyants ou non, qui osent regarder la réalité.

François, précisément, prétend se fonder sur la réalité des faits pour refuser de « parler de violence islamique, parce qu’en feuilletant les journaux [il ne voit] tous les jours que des violences, même en Italie : celui-là qui tue sa fiancée, tel autre qui tue sa belle-mère, et un autre… et ce sont des catholiques baptisés, hein ! » Soit. Mais je ne sache pas que ces « catholiques violents » tuent leur fiancée ou leur belle-mère au nom de leur religion, en criant « Jésus est grand ».

Le cardinal Sarah, Préfet au Vatican de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements lance depuis Londres où il se trouve dans le cadre de Sacra Liturgia 2016, un appel à tous les prêtres pour qu'ils célèbrent désormais ad orientem à partir du 1er Dimanche de l'Avent 2016.  Source: MessainLatino.it

Mgr Rey lui répond qu'il en sera ainsi dans le diocèse de Toulon, après envoi d'une lettre à tous ses prêtres.

A l’issue de la réunion des supérieurs majeurs de la Fraternité Saint-Pie X qui s’est tenue en Suisse, du 25 au 28 juin 2016, le Supérieur général adresse le communiqué suivant :

Le but de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est principalement la formation des prêtres, condition essentielle du renouveau de l’Eglise et de la restauration de la société.
1. Dans la grande et douloureuse confusion qui règne actuellement dans l’Eglise, la proclamation de la doctrine catholique exige la dénonciation des erreurs qui ont pénétré en son sein, malheureusement encouragées par un grand nombre de pasteurs, jusqu’au Pape lui-même.
2. La Fraternité Saint-Pie X, dans l’état présent de grave nécessité qui lui donne le droit et le devoir de distribuer les secours spirituels aux âmes qui recourent à elle, ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique, à laquelle elle a droit en tant qu’œuvre catholique. Elle n’a qu’un désir : porter fidèlement la lumière de la Tradition bimillénaire qui montre la seule route à suivre en cette époque de ténèbres où le culte de l’homme se substitue au culte de Dieu, dans la société comme dans l’Eglise.
3. La « restauration de toutes choses dans le Christ », voulue par saint Pie X à la suite de saint Paul (Eph 1,10), ne pourra se réaliser sans le soutien d’un Pape qui favorise concrètement le retour à la Sainte Tradition. En attendant ce jour béni, la Fraternité Saint-Pie X entend redoubler d’efforts pour établir et diffuser, avec les moyens que lui donne la divine Providence, le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
4. La Fraternité Saint-Pie X prie et fait pénitence pour que le Pape ait la force de proclamer intégralement la foi et la morale. Ainsi il hâtera le triomphe du Cœur Immaculé de Marie que nous appelons de nos vœux, à l’approche du centenaire des apparitions de Fatima.

Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X
Ecône, le 29 juin 2016

Une certaine confusion existe sur l'attitude à avoir pendant les messes chantées selon le rit tridentin, notamment pendant les prières au bas de l'autel. C'est une confusion avec l'attitude à avoir pendant les messes basses. Il n'y a pas précisément de rubrique officielle concernant l'attitude des fidèles pendant le début de la messe chantée. Mais c'est le recours à la Tradition qui donne une indication : l'Introït est le début de la Messe. Introït veut dire "Il entre" (le prêtre). C'est donc un chant d'entrée, historiquement de procession. Il est logique que les fidèles soient debout, comme le prêtre, et en lien spirituel avec la chorale. Pendant l'Introït, les fidèles, debout, s'inclinent au Gloria Patri.

C’est une bombe que vient de lancer Famille chrétienne en interrogeant le cardinal Robert Sarah,  préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Celui-ci plaide en effet pour une réorientation de la sainte messe, tournée, prêtre comme fidèles, vers l’Orient. Il explique notamment :

Se convertir, c’est se tourner vers Dieu. Je suis profondément convaincu que nos corps doivent participer à cette conversion. Le meilleur moyen est certainement de célébrer – prêtres et fidèles – tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient. Il ne s’agit pas, comme on l’entend parfois, de célébrer le dos tourné aux fidèles ou face à eux. Le problème n’est pas là. Il s’agit de se tourner ensemble vers l’abside qui symbolise l’Orient où trône la croix du Seigneur ressuscité.

Par cette manière de célébrer, nous expérimenterons, jusque dans nos corps, la primauté de Dieu et de l’adoration. Nous comprendrons que la liturgie est d’abord notre participation au sacrifice parfait de la croix. J’en ai fait personnellement l’expérience ; en célébrant ainsi, l’assemblée, avec le prêtre à sa tête, est comme aspirée par le mystère de la croix au moment de l’élévation.

Tout l’entretien est à lire. Dans la suite du cardinal Ratzinger, le cardinal Sarah explique que la liturgie, le mystère, le sens du saint sacrifice, la prière, …, tout doit orienter le prêtre à célébrer vers Dieu, qui est le principal acteur de l’action liturgique, entraînant derrière lui les fidèles.

De nombreux prêtres, jeunes et décomplexés, ont salué ces propos. Les suivront-ils ? C’est une bonne question. Mais Perepiscopus s’interroge : quel évêque français reprendra à son compte les propos du cardinal de la Sainte Eglise ? Le cardinal préfet de la liturgie sera-t-il écouté par les évêques de France ? Et si oui, par combien ? …

Lors de la cérémonie de consécration de l’église Saint-Joseph de Montréal de l’Aude (11) le dimanche 1er mai, Mgr Fellay a donné quelques précisions dans son homélie sur l’états des relations entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège.

Extrait rapporté par La Porte Latine (04/05/2016)

Mgr FellayEn même temps, on voit que, surtout chez les plus jeunes, il y a un début de réaction, et même en haut de la hiérarchie. Il y a des cardinaux, il y a des évêques qui commencent à dire « c’est trop ». Ils commencent à parler. Je dirais que tout d’un coup on voit que nous ne sommes plus les seuls à protester, à réagir ; il y en a d’autres. C’est nouveau.

L’adhésion au Concile ne serait plus le critère de l’appartenance à l’Eglise

Et dans les relations que nous avons avec Rome, il y a des choses encore plus étonnantes et que nous relions à cette situation chaotique. Là récemment, pour la première fois, nous avons pu entendre à Rome que nous n’étions plus obligés d’accepter le Concile. Vous vous rendez compte : c’est énorme ! On nous a dit : « Vous avez le droit de maintenir cette opinion ». Ce n’est pas encore : « Nous avons eu tort », ce n’est pas encore : « le Concile était mauvais », mais c’est : « le Concile ne peut pas obliger ». On ne peut pas obliger quelqu’un à accepter le Concile pour être catholique.

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Le Carême peut se résumer en trois actions : la prière, l'aumône et le jeûne. Le but essentiel est de se préparer à la fête de Pâquesrésurrection du Christ. C'est une manière concrète pour le chrétien de s'unir à Jésus Christ, qui lui-même a jeûné quarante jours dans le désert pour se préparer à sa mission, celle de sa mort et de sa résurrection.

C'est aussi l'occasion de se détacher de tout ce qui éloigne de Dieu, c'est pourquoi le jeûne ne prend pas toujours la forme de « privation de nourriture », mais peut être plus large. Mais se priver de nourriture permet de mieux prendre conscience de ce que tant d'êtres humains sur Terre vivent au quotidien. Dans les premières communautés chrétiennes, ce qui était mis de côté par ceux qui jeûnaient était redistribué aux pauvres.

Les fidèles se rendent à l'église où le prêtre leur trace une croix sur le front avec de la cendre, en prononçant ce verset de la Genèse (Gn 3,19): « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » (en latin, Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris)1.

Cette cérémonie fut instituée par Grégoire Ier aux alentours de l'an 591. L'imposition de cendres au front du pénitent est une évocation symbolique de la mort. Ces cendres sont obtenues en brûlant les rameaux bénis l'année précédente le Dimanche des Rameaux. Les cendres sont elles-mêmes bénites solennellement pendant la messe.

Communiqué de M. l'abbé Bouchacourt

Dans quelques jours s’ouvrira le Synode sur la famille. Les orientations de la 1ère session, les déclarations de certains participants et le document préparatoire de cette 2e session nous font craindre un grand péril pour l’Eglise. Après la ruine de la foi consécutive au concile Vatican II et aux réformes qui l’ont suivi, voici que se profile une remise en cause de la morale que l’Eglise a toujours enseignée. Un certain nombre d’évêques et de cardinaux ont eux-mêmes tiré la sonnette d’alarme ces derniers mois.

Devant un tel péril pour nos âmes et pour la société, nous ne pouvons rester passifs. Il nous faut supplier Dieu qu’il ait pitié de la sainte Eglise. Aussi, durant la semaine du 26 septembre au 3 octobre, j’invite les fidèles et les membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X du district de France :

- à réciter le chapelet en famille ou dans nos églises et chapelles afin de supplier la Vierge Marie de protéger l’Eglise d’un tel désastre.
- de plus, que dans chaque lieu où cela sera possible, un jour de cette semaine, soit organisée une Heure sainte ou une veillée de prière devant le Très Saint- Sacrement exposé.
- que durant cette semaine (1), soient ajoutées aux oraisons de la messe du jour celles « pro quacumque tribulatione ».
- à ces prières, joignons la pénitence afin que Notre-Seigneur veille sur son Vicaire pour qu’il ne tombe pas au pouvoir des ennemis de l’Eglise.


En bons fils de l’Eglise, soyons généreux à répondre à cet appel afin que le Saint-Esprit éclaire les membres du synode et fortifie le Pape dans la foi. « Ut Domnum Apostólicum et omnes ecclesiásticos órdines in sancta religióne conserváre dignéris, te rogámus, audi nos (2).»

Abbé Christian BOUCHACOURT, Supérieur du District de France de la FSSPX,
le 17 septembre2015 en la fête de l'impression des Stigmates de saint François

Nous avons rencontré Mgr Schneider, évêque auxiliaire d'Astana au Kazakhstan. Il vient de publier aux éditions ContretempsCorpus Christi. La communion dans la main au cœur de la crise de l'Église et s'exprime régulièrement sur la situation de l'Église.

Il va donner deux conférences :

  • À Versailles, en partenariat avec l'AVANDA, samedi 6 décembre à 20 h 30, Université Inter-Âges 6, impasse des gendarmes. Participation libre aux frais.
  • À Paris, mardi 9 décembre à 20 h 30, amphithéâtre de l'ASIEM 6, rue Albert de Lapparent, Paris 7 M° Ségur, Sèvres-Lecourbe, St François-Xavier. Participation aux frais : 7 € - tarif réduit (adhérent RC ; étudiants) : 4 € 

Excellence, même si beaucoup de lecteurs vous connaissent déjà, pourriez-vous vous présenter ?

Athanasius Schneider : Je suis né en 1961 au Kirghizistan, état de l'ancienne Union Soviétique, dans une famille catholique allemande. Mes parents sont des Allemands de la mer Noire mais originaires d'Alsace près d'Haguenau. Après la Seconde Guerre mondiale mes parents furent déportés, dans des conditions inhumaines, par Staline dans l'Oural pour des travaux forcés. C'est grâce à la foi catholique que mes parents ont survécu ! J'ai eu le privilège de recevoir cette foi pour ainsi dire avec le lait maternel en même temps que les sacrements et de vivre ma vie chrétienne dans une Église clandestine. Puis, par une grâce spéciale de Dieu, nous pûmes émigrer en Allemagne. En 1982 je suis entré dans l'Ordre des Chanoines Réguliers de la Sainte-Croix, en Autriche, avant d'être envoyé en mission au Brésil, où j'ai reçu l'ordination sacerdotale en 1990. En 1997, j'ai obtenu un doctorat en patrologie à Rome. À partir de 1999 j'ai e nseigné la théologie au séminaire inter-diocésain de Karaganda, au Kazakhstan. En 2006, j'ai été nommé évêque auxiliaire de Karaganda et, en 2011, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Sainte-Marie à Astana, capitale du Kazakhstan. Actuellement je suis secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Kazakhstan et président de la commission liturgique.

Le sujet de votre livre est la Communion dans la main. N'existe-t-il pas des questions plus urgentes à traiter aujourd'hui dans l'Église que celle de la communion dans la main ?

A. S. : Effectivement il semblerait qu'existent dans l'Église des questions plus urgentes à traiter que la communion dans la main, cependant il ne s'agit que d'une apparence. En effet l'Église vit aujourd'hui une véritable tragédie car a été éclipsée, mise au second plan et donc banalisée la réalité centrale dans l'Église et sur la terre : le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie.

Saad Sirop Hanna, évêque auxiliaire de Bagdad demande à toutes les personnes de bonne volonté de prier pour les Irakiens une demi-heure DEMAIN devant le Saint Sacrement, l'idéal serait de le faire en même temps qu'eux à 18 heures, heure Irakienne.

Mgr Dagens a publié dans La Croix une tribune dans laquelle il s’en prend à la « pastorale des vocations », critiquant à mots couverts les évêques qui cherchent activement à remplir leurs séminaires et y parviennent. Tombant pour ce faire dans le fidéisme le plus complet, qui consiste à considérer qu’il ne faut rien faire parce que l’Esprit Saint pourvoira, l’évêque académicien ne parvient pas à cacher une chose : les séminaires qui attirent les futurs prêtres sont ceux qui utilisent à nouveau les méthodes traditionnelles tant honnies par Mgr Dagens.
 
Au lieu de se mettre à la remorque d’une machine qui semble enfin fonctionner dans l’Église de France, l’évêque d’Angoulême préfère regarder ses vieux prêtres soixante-huitards mourir sans remplacement suffisant. Mieux, même : en se félicitant de ce qu’il ne fait rien pour permettre aux appelés de répondre à cette vocation, considérant que ceux qui le font agissent en managers zélés. L’humilité à Angoulême, ce n’est pas pour maintenant.
 
L’intégralité de cet argumentaire de haute volée est disponible ici.

Des séminaristes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X jouent au football le 25 mai 2014 à Ecône, en Suisse (AFP / Fabrice Coffrini)

Des séminaristes de la fraternité traditionaliste Saint-Pie-X jouent au football le dimanche 25 mai 2014 sur un terrain à Riddes, près d'Ecône, en Suisse (AFP / Fabrice Coffrini)
 
RIDDES (Suisse), 3 juin 2014 – La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X est une société catholique traditionaliste fondée par Mgr Marcel Lefebvre. Elle est surtout connue pour ses prises de position ultraconservatrices et ses frictions avec le Vatican. Elle l’est moins pour ses talents footballistiques.

Tous les dimanches, les prêtres et futurs prêtres du séminaire de la fraternité à Écône, en Suisse, se détendent au terme d’une intense semaine d’étude et de prière. Certains font de la course à pied, d’autres jouent au basket, d’autres encore au football. Ils pratiquent toujours ces activités sportives en soutane puisque pour les traditionalistes, un prêtre doit garder son habit distinctif dans toutes les circonstances de la vie en société afin de montrer qu’il « vit dans le monde sans être du monde »… Mais les chaussures à crampons sont tolérées.

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