Pitoyable annulation du Motu proprio “Summorum Pontificum” !

Patrick Banken sur le site web Una Voce

La Lettre apostolique en forme de Motu proprio, publiée vendredi 16 juillet en la fête de Notre Dame du Mont Carmel, sous le nom Traditionis custodes, est une véritable déclaration de guerre aux fidèles attachés à la messe selon les Livres liturgiques de 1962. Le pape a décidé de modifier les règles régissant l’utilisation de l’ancien missel que son prédécesseur Benoît XVI avait remis en valeur et précisé qu’il n’avait jamais été abrogé.

 Niant le droit légitime des fidèles et des prêtres, le pape remet toutes les décisions dans les mains des seuls évêques, sous la vigilance du Siège apostolique. Il rappelle que l’unique expression du rituel de messe latine est celle du Concile Vatican II. Il donne aux seuls évêques dans leur diocèse, par compétence exclusive, la décision d’accorder ou non l’autorisation de célébrer selon l’ancien rit avec des conditions très strictes.

Le pape François demande notamment aux prêtres ordonnés après la publication de ce Motu proprio et qui veulent célébrer selon l’ancien rit, de faire une demande formelle à l’évêque qui, avant de donner l’autorisation, consultera le Siège Apostolique, donc Rome. Quant aux prêtres qui célèbrent déjà dans cette forme, ils devront demander à l’évêque l’autorisation pour continuer. En d’autres termes, la messe traditionnelle est interdite dans toutes les églises paroissiales, la création de paroisses personnelles consacrées à la liturgie tridentine est interdite, et l’évêque aura soin de ne pas autoriser la constitution de nouveaux groupes. (Sic !)

Comble d’ironie, on peut traduire ce Traditionis custodes par « Gardiens de la Tradition », et il s’agit des…évêques ! Le Pape François évoque l’unité de l’Église. Souhaitons qu’il recadre plutôt une partie de cet Épiscopat qui dérive depuis plusieurs années et s’éloigne de l’enseignement de l’Église.

Source: Patrick Banken  sur le site web Una Voce 16 juillet 2021

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Fraternité Saint Pierre  - Abbé Benoît Paul-Joseph

« C’est un texte très offensant et très violent », estime l’abbé Paul-Joseph, supérieur du district de France de la Fraternité Saint Pierre (FSSP) qui rejette en bloc les accusations portées à l’encontre des communautés tradis, accusations sur lesquelles le pape semble s’être appuyé pour remettre en cause le motu proprio « summorum pontificum » de son prédécesseur libéralisant la messe traditionnelle. « Les motifs invoqués sont difficilement recevables, explique-t-il. On y parle d’une part de rejet du concile, or la Fraternité Saint Pierre n’a jamais rejeté le concile Vatican II. Pour nous, il ne présente pas de difficultés fondamentales mais uniquement des demandes de précisions sur certains points que nous interprétons à la lumière de la tradition de l’Eglise comme le préconise Benoit XVI. Le deuxième motif qui me semble démenti par les faits est celui de la division ce alors même que, comme plusieurs publications récentes l’ont démontré, les relations entre les diocèses et les communautés ecclesia dei se sont considérablement apaisées depuis une quinzaine d’années ».

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Le pape François réduit fortement l'usage de la messe en latin

Par Jean-Marie Guénois

François rappelle que le seul rituel de la messe en usage dans l'Église latine est celui du Concile Vatican II et pose des conditions très restrictives pour l'usage du rite tridentin.

Dans son Motu Proprio, François rappelle que «l'unique expression» du rituel de messe latine est celle du Concile Vatican II. ANDREAS SOLARO / AFP

Par Motu Proprio «Traditionis Custodes» publié le 16 juillet, le pape François annule les effets du Motu Proprio «Summorum Pontificum» de Benoît XVI qui avait donné en 2007 un statut de rite «extraordinaire» à la messe selon le rite de Saint Pie V, pour en faciliter l'usage.

Il permettait aux fidèles qui désiraient la messe selon le rite tridentin, en usage avant le Concile Vatican II et communément appelé «messe en latin», de pouvoir en bénéficier à condition de représenter un groupe stable. Il suffisait de le demander au curé de la paroisse qui devait accepter ou trouver une solution pour satisfaire cette demande. En cas de conflit, l'évêque devait donner raison aux fidèles.

Des conditions très strictes

Dans son Motu Proprio, François rappelle que «l'unique expression» du rituel de messe latine est celle du Concile Vatican II. Il donne aux seuls «évêques» locaux, par «compétence exclusive», l'autorisation de célébrer selon l'ancien rite avec des conditions très strictes.

Mais il fixe pour cela des conditions :

– que le «groupe» en question «n'exclut pas la validité et la légitimité» de la réforme liturgique du Concile Vatican II, du concile Vatican II et du magistère des Papes.

-qu'un lieu ou plusieurs soient définis dans le diocèse pour cette messe selon l'ancien rite mais «pas dans les églises paroissiales et sans ériger de nouvelles paroisses personnelles».

– que les lectures de ces messes soient lues en langue vernaculaire, celle du pays et non en latin, selon les traductions établies par la conférence épiscopale.

-qu'un prêtre, soit nommé par l'évêque, comme «délégué de l'évêque» pour ces célébrations et pour le «soin des fidèles».

-qu'un contrôle soit réalisé par l'évêque dans toutes les paroisses personnelles (paroisses spéciales déjà constituées avec autorisation de célébrer le rite préconciliaire) pour «évaluer si elle seront maintenues ou pas».

– que l'évêque «aura soin de ne pas autoriser la constitution de nouveaux groupes».

Le pape François demande aussi aux prêtres ordonnés «après la publication » de ce motu proprio et qui veulent célébrer selon l'ancien rite, «de faire une demande formelle à l'évêque» qui «avant de donner l'autorisation consultera le Siège Apostolique» donc Rome.

Quant aux prêtres qui célèbrent déjà dans cette forme, ils devront «demander à l'évêque l'autorisation pour continuer ».

Par ailleurs le pape supprime le bureau spécialisé au Vatican en charge de cette question «traditionaliste» dans l'Église qui s'appelait «Ecclesia Dei» et confie aux différents ministères concernés du Vatican le soin de régler les éventuels problèmes.

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Communiqué de la Conférence des Evêques de France à propos du Motu Proprio

Un appel exigeant pour toute l’Eglise à un authentique renouveau eucharistique

Les évêques de France reçoivent, avec l’ensemble des fidèles de leur diocèse, le motu proprio « Traditionis Custodes » du Pape François rendu public hier.

Ils souhaitent manifester aux fidèles célébrant habituellement selon le missel de Saint Jean XXIII et à leurs pasteurs, leur attention, l’estime qu’ils ont pour le zèle spirituel de ces fidèles, et leur détermination à poursuivre ensemble la mission, dans la communion de l’Église et selon les normes en vigueur.

Chaque évêque aura à cœur d’être à la hauteur des enjeux décrits par le Saint Père afin d’exercer la responsabilité qui lui est rappelée dans la justice, la charité, le soin de tous et de chacun, le service de la liturgie et de l’unité de l’Eglise. Cela se fera par le dialogue et demandera du temps.

Le motu proprio « Traditionis Custodes » et la lettre du Saint Père aux évêques qui l’introduit sont un appel exigeant pour toute l’Église à un authentique renouveau eucharistique. Aucun ne peut s’en dispenser.

Les évêques invoquent l’Esprit-Saint pour que l’Eucharistie, « source et sommet de la vie chrétienne », sacrifice du Seigneur et mémorial de sa Passion et de sa Résurrection, soit chaque jour le lieu où l’Église puise sa force pour devenir ce qu’elle est : « dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. » (Lumen Gentium 1).

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Le pape François abroge Summorum Pontificum

par Michel Janva le 16 juillet 2021Les commentaires sont fermés

Dans une lettre apostolique en forme de Motu Proprio, publiée aujourd’hui sous le nom Traditionis custodes, le pape abroge le texte d’apaisement de Benoît XVI. Niant le droit légitime des fidèles et des prêtres, le pape remet toutes les décisions dans les mains des seuls évêques, sous la vigilance du Siège apostolique.

Il appartient à l’évêque diocésain, en tant que modérateur, promoteur et gardien de toute la vie liturgique de l’Église particulière qui lui est confiée, de régler les célébrations liturgiques de son diocèse. Par conséquent, il est de sa compétence exclusive d’autoriser l’utilisation du Missel romain de 1962 dans son diocèse, selon les directives du Siège Apostolique.

Le pape écrit que les fidèles adhérents de ces groupes ne peuvent pas se réunir pour la messe dans les églises paroissiales ! Faudra-t-il retourner dans les rues ? 

Le pape demande aussi aux évêques de se garder d’autoriser la constitution de nouveaux groupements. Le pape demande aussi explicitement de cesser l’érection de nouvelles paroisses personnelles.

C’est un retour au régime d’autorisation au compte-goutte en place avant 1988, la mise à l’écart des personnes attachées au missel de 1962, avec le risque de ranimer la guerre liturgique.

Quant aux prêtres diocésains qui souhaitent utiliser le missel de 1962 (et qui sont de plus en plus nombreux à le faire)… :

Les prêtres ordonnés après la publication du présent Motu Proprio, qui souhaitent célébrer à l’aide du Missale Romanum de 1962, doivent en faire la demande formelle à l’Évêque diocésain qui consultera le Siège Apostolique avant d’accorder cette autorisation.

Les prêtres qui célèbrent déjà selon le Missale Romanum de 1962 doivent demander à l’Évêque diocésain l’autorisation de continuer à jouir de cette faculté.

Le pape invoque, dans une lettre adressée aux évêques, la nécessité de l’unité de l’Eglise

Pour défendre l’unité du Corps du Christ, je suis contraint de révoquer la faculté accordée par mes prédécesseurs. L’usage déformé qui a été fait de cette faculté est contraire aux intentions qui ont conduit à accorder la liberté de célébrer la Messe avec le Missale Romanum de 1962.

Répondant à vos demandes, je prends la ferme décision d’abroger toutes les normes, instructions, permissions et coutumes qui précèdent le présent Motu proprio, et déclare que les livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément à la décrets du Concile Vatican II, constituent l’unique expression de la lex orandi du Rite romain.

La publication de ce texte, au nom de l’unité, est pour le moins troublante, à l’heure même où l’épiscopat allemand s’enfonce dans le schisme et l’hérésie. Pour les Allemands, pas de motu proprio pour réparer une unité qui se délite. Troublante également à l’heure où l’on parle de synodalité et de la place des laïcs au sein de l’Eglise. Les laïcs attachés au missel de 1962 sont les grands oubliés de ce texte.

Après le pass sanitaire, voici le pass liturgique… Quelle semaine ! Et quelle humiliation pour Benoît XVI :

Article 1 de Summorum Pontificum

Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la lex orandi de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le Bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme expression extraordinaire de la même lex orandi  de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la lex orandi de l’Église n’induisent aucune division de la lex credendi de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain.

Article 1 de Traditionis custodes

Les livres liturgiques promulgués par saint Paul VI et saint Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, sont l’unique expression de la lex orandi du Rite Romain.

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Fraternité Saint Pie X   sur La Porte latine

Ne parlez plus de « messe selon la forme extraordinaire du rite romain».

Par son Motu proprio intitulé Traditionis Custodes[1] du 16 juillet 2021 auquel est joint une lettre d’accompagnement aux évêques, le pape François vient de décider que cette distinction inventée par Benoît XVI était caduque : seule la nouvelle messe de Paul VI a droit de cité dans l’Église conciliaire, la messe traditionnelle n’est plus que tolérée. 

Unité derrière la nouvelle messe

Quel est désormais le statut de la messe tridentine ? La réponse n’est pas donnée dans ces documents mais qu’importe puisque l’objectif clairement affiché est sa disparition. Elle est dorénavant permise selon des conditions drastiques à l’intention de « ceux qui ont besoin de temps pour revenir au rite Romain promulgué par les saints [sic] Paul VI et Jean-Paul II[2] », c’est-à-dire la nouvelle messe.

Les moyens employés pour arriver à étouffer la messe de toujours sont indiqués clairement dans le Motu proprio : sévère limitation des temps et des lieux de la célébration de la messe traditionnelle ; contrôle ferme, par les évêques, des prêtres diocésains souhaitant célébrer selon l’ancien rite ; suppression de toute tutelle protectrice pour les Instituts relevant de l’ancienne Commission Ecclesia Dei. 

Unité derrière le Concile Vatican II

Le pape entend ainsi éradiquer toute poche de résistance aux réformes du Concile Vatican II. C’était, il l’avoue sans ambages, le but des motu proprio de 1988 et 2007 ; leur mise en  pratique ayant au contraire conforté les positions conduisant à « douter du Concile[3] », le pape François met fin à l’expérience. Les groupes qui seront encore autorisés à célébrer selon l’ancien rite devront d’ailleurs certifier qu’ils « n’excluent pas la validité et la légitimité de la réforme liturgique, des préceptes du Concile Vatican II et du Magistère des Souverains Pontifes[4] », donc adhérer au Concile et au magistère post-conciliaire. 

La mise au point est brutale pour ceux qui ont cru pouvoir mettre leur confiance dans des autorités toujours imbues des valeurs libérales, quand la Fraternité Saint-Pie X peut s’appuyer fidèlement sur la sagesse de son fondateur avertissant au sujet de l’indult de 1984 accordant à la messe traditionnelle une liberté sous condition : « Nous ne pouvons nous placer sous une autorité dont les idées sont libérales et qui nous condamnerait petit à petit, par la force des choses, à accepter ces idées et leurs conséquences, d’abord la nouvelle messe[5] ».

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Les premières réactions, très diverses, au Motu proprio Traditionis Custodes du Pape François paru le 16 juillet 2021 ne se sont pas fait attendre. En voici quelques-unes de cardinaux, d’évêques, de supérieurs de communautés Ecclesia Dei et de prêtres diocésains.

Le site de l’hebdomadaire Famille chrétienne publie ce 17 juillet 2021 quelques réactions prises sur le vif :

« C’est un texte très offensant et très violent », estime l’abbé Paul-Joseph, supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pierre (FSSP), « On y parle d’une part de rejet du concile, or la Fraternité Saint-Pierre n’a jamais rejeté le concile Vatican II. Pour nous, il ne présente pas de difficultés fondamentales mais uniquement des demandes de précisions sur certains points que nous interprétons à la lumière de la tradition de l’Eglise comme le préconise Benoit XVI. » ajoutant : « Nous sommes peu payés pour notre obéissance à Rome, obéissance qui est la pierre angulaire de notre fondation ». Il souligne : « La Fraternité Saint-Pie X est finalement mieux traitée que nous ». C’est un constat d’échec, « Depuis notre création, nous avons essayé d’être dans cet esprit filial, avec le droit qui nous a été accordé de pouvoir émettre des critiques constructives mais il demeure chez certains une suspicion sur notre communion ecclésiale, notre état d’esprit, notre obéissance, notre reconnaissance de la validité et la fécondité du missel de Paul VI que nous n’avons jamais remise en cause. »

Supérieur de la plus importante communauté Ecclesia Dei en France, l’abbé Benoît Paul-Joseph s’inquiète pour l’avenir : « Il n’y aura plus de stabilité. Nous passons de la bienveillance à un régime de tolérance, illustré notamment par le fait que les messes traditionnelles ne sont plus censées être célébrées dans des églises paroissiales, qu’il n’y aura plus d’érection de paroisses personnelles et qu’on demande aux évêques de ne plus accepter de demande venant de nouveaux groupes. C’est l’acheminement vers l’unique missel de Paul VI. » Conclusion sans illusion : « Il s’agit donc d’un encadrement des dernières personnes attachées au missel de Saint Pie V que l’on accompagne de façon thérapeutique comme en soins palliatifs. »

Pour l’Abbé Mateusz Markiewicz, supérieur du district d’Europe de l’Institut du Bon Pasteur (IBP), ce texte est un « acte contre la charité parce que nous ne savons pas sur quoi s’appuient les accusations portées à notre encontre dans ces documents car rien de ce qui est écrit n’est conforme à la réalité » il remarque qu’« on punit des prêtres et des fidèles attachés à une messe multiséculaire tandis que des évêques en Allemagne produisent quasiment un schisme ».

L’abbé Guy-Emmanuel Cariot, recteur de la basilique d’Argenteuil, qui ne célébre que le nouveau rite, affirme ressentir « beaucoup de tristesse parce que ce texte semble balayer les efforts faits par Benoit XVI pour maintenir l’unité de l’Eglise et mépriser les efforts faits depuis quinze ans par les communautés traditionalistes. »

L’abbé Timothée Pattyn, curé de la paroisse de la Trinité en Beaujolais et ancien de la Fraternité Saint-Pierre, estime que « cela va braquer les fidèles et les prêtres qui ne se sentent pas compris. Certains vont se diriger vers la Fraternité Saint-Pie X, d’autres vont se remettre en porte à faux avec les évêques, des évêques vont rallumer des guerres là où il n’y en avait plus… Ce texte déchire les artisans d’unité qui célèbrent volontiers la forme extraordinaire, en adhérant au concile, à la forme ordinaire et au magistère des papes [post-conciliaires]. » Il ajoute : « avec ce texte, certains ont désormais le sentiment d’être les vilains petits canards, et d’être surveillés de près. »

Le cardinal Burke, qui affirme ne pas pouvoir comprendre comment le nouveau Missel romain est « l’expression unique de la lex orandi du rite romain », a également remis en question dans le National Catholic Register le ton du motu proprio, observant qu’il est « marqué par une dureté envers les fidèles qui adorent dans la forme extraordinaire. » Concernant l’enquête à laquelle François se réfère dans le motu proprio, le cardinal a déclaré que « compte tenu de la nature drastique de la législation, il semblerait juste de donner un rapport détaillé du résultat de l’enquête, qui vérifie également la nature scientifique de l’enquête. »

De son côté, le cardinal Sarah, a émis un tweet laconique : « Prions un moment auprès de la grande fresque de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine. Il y a représenté le Jugement dernier. Mettons nous à genoux devant la majesté divine. Les saints sont là, ils portent les instruments de leur martyr. Le soir approche et déjà le jour baisse. »

Sur le site du journal La Croix, quelques évêques réagissent aussi.

Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Arras (Pas-de-Calais), relève que le climat était globalement apaisé : « Dans la très grande majorité des cas, les relations se passent bien même s’il peut y avoir çà et là quelques risques de division. Mais il y a des pays où la situation peut être plus clivée. »

Mgr Battut, évêque de Blois, dénonce de son côté le dévoiement de l’usage du Motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI : « Il consiste à se comporter comme si le Concile Vatican II lui-même – dont est issue la messe de Paul VI – était disqualifié. Certains milieux ont compris à tort que la forme ordinaire constituait une forme liturgique de seconde catégorie, une sous messe… Des gens sans scrupules se sont servis du Motu proprio de Benoit XVI. Ces personnes (qui souvent n’ont même pas lu le Concile) ont dit en substance : ‘Rome a déjà cédé sur la messe donc Rome va bientôt aussi revenir sur le Concile Vatican II… Nous ne faisons qu’anticiper le reniement par Rome du Concile et nous le jetons aux orties.‘ »

Le communiqué de la Conférence des Evêques de France (CEF), pour sa part, fait tout simplement écho à la décision du Pape François : « Chaque évêque aura à cœur d’être à la hauteur des enjeux décrits par le Saint Père », précisant que « cela se fera par le dialogue et demandera du temps. »

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Communiqué de Notre-Dame de Chrétienté

Notre-Dame de Chrétienté exprime sa grande tristesse devant le motu proprio Traditionis Custodes du Pape François qui ne montre que mépris pour les catholiques dits traditionalistes. Nous prierons tout particulièrement pour le pape émérite Benoît XVI qui, de son vivant, voit balayer son œuvre de réconciliation.

Le pèlerinage traditionnel de chrétienté créé en 1983 avait cru aux promesses de Saint Jean-Paul II et du cardinal Ratzinger en 1988 « Vous avez toute votre place dans l’Eglise, comme vous êtes ». Manifestement, la situation a changé et l’urgence est maintenant de rallumer la guerre liturgique. L’argument invoqué laisse pantois : mettre sous contrôle les jeunes prêtres diocésains attirés par la messe traditionnelle ! L’intention du pape est d’ériger un mur pour empêcher de découvrir la richesse de la spiritualité de la messe tridentine !

Au-delà de la colère que nous arriverons bien à contrôler, dans cette situation pénible nous restons confiants. Le cléricalisme-caporalisme ne fonctionne jamais très bien, le motu proprio sera difficilement applicable dans une Église qui se trouve dans une situation catastrophique et qui a bien d’autres difficultés : ce que le Vatican feint de ne pas voir.

Notre-Dame de Chrétienté continuera de réunir des milliers de pèlerins, peu importe finalement que le temps soit à la persécution … nous l’avons déjà connue, ai-je envie d’ajouter. Nous nous adapterons aux intempéries, covid, motu proprio, … comme toujours, en marchant et priant pour la Sainte Eglise, nos patries et l’espérance de notre salut.

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Très Sainte-Vierge, aidez le Pape François dans son pontificat.

Saint Joseph, protégez l’Eglise.

Jean de Tauriers

Président NDC

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La Lettre de Paix liturgique   lettre 807bis du 17 Juillet 2021

Paix liturgique : Que pensez-vous du document publié vendredi ?

Christian Marquant : Nous ne pensons pas que la publication du 16 juillet 2021 du motu proprio Traditionis Custodes, qui constitue une véritable déclaration de guerre et de haine à l’endroit du monde traditionnel en supprimant les effets pacifiant de Summorum Pontificum, modifiera la situation des fidèles et des communautés, mais il faut le prendre surtout comme un acte pathétique d’un pontificat finissant qui ignore les réalités du terrain.

Mais malgré cette espérance et cette conviction, si la tentative de mise à mort de la tradition in ecclesia passait aux actes, nous nous retrouverions dans une situation de chaos terrible  qui ne pourrait en aucun cas aboutir à la disparition des catholiques qui désirent vivre leur Foi au rythme de la liturgie et du catéchisme traditionnel.


Paix liturgique : Qu’allez-vous faire ?

Christian Marquant :  Sur le terrain français nous attendons désormais de voir ce que seront les réactions de nos évêques et réagirons en conséquence.


Paix liturgique : Donc rien en attendant ?


Christian Marquant :  Pas du tout ! Nous avons organisé aujourd’hui 17 juillet 2021 à 14h30 une première manifestation pacifique , spontanée et symbolique  de 8 personnes devant la nonciature apostolique à Paris au 10 avenue du Président Wilson. Cette réaction devrait-être la première d’une présence hebdomadaire régulière devant l’ambassade du Saint-Siège en France aussi longtemps que ne s’instaurera pas une authentique Paix au sein de l’Eglise.


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Un motu proprio revanchard, clérical et belliqueux

De Cyril Farret d’Astiès suite aux restrictions concernant le missel de 1962 :

Très Saint Père,

Non possumus non loqui.

Par un motu proprio revanchard, clérical et belliqueux, vous avez choisi d’effacer ce que vos prédécesseurs avaient autorisé. Pas plus que nos grands anciens en 1969 nous n’adopterons pour autant la nouvelle messe dont nous ne contestons pourtant ni la validité ni la légitimité.

Les fruits reçus à l’ombre du vieux et cher missel sont trop nombreux, trop éclatants, trop évidents pour nous faire hésiter une seule seconde.

Bien sûr, c’est une immense tristesse de souffrir par l’Église mais nous offrons bien volontiers cette nouvelle épreuve. L’époque est profuse en épines de tous genres. Nous voulons offrir cette croix pour notre propre conversion et pour que prenne fin l’effroyable crise que traverse l’Église sainte mais qui n’est pas sans pécheurs. Nous voulons l’offrir pour ces prêtres diocésains et ces fidèles sur qui vous jetez spécialement l’interdit avec un sens de la miséricorde bien déroutant.

Et comme nous n’avons pas d’autres armes que celles que nous ont léguées Notre Seigneur lui-même, Notre Dame et tous les saints, et que ces armes sont incomparablement plus puissantes que votre motu proprio, nous irons à genoux au pied de l’autel répondre à nos prêtres :

—  Introïbo ad altare Dei

—  Ad Deum qui laetificat juventutem meam

Votre pontificat passera Très Saint Père, sic transit gloria mundi ! La Tradition ne passera pas plus que la Révélation.

Et puisque vous réclamez nos prières Très Saint Père, nous vous les promettons en fils blessés mais inconditionnels.

Cyril Farret d’Astiès

Le Conseil d’État a rejeté lundi 29 mars les recours des associations Civitas et VIA la voix du peuple qui contestaient devant la haute juridiction l’interdiction faite aux fidèles catholiques de se rendre aux offices de la Semaine sainte après le couvre-feu de 19h.  Il a indiqué que l’impossibilité de se rendre dans un lieu de culte pendant le couvre-feu, y compris pendant la semaine de Pâques, ne porte pas une atteinte manifestement disproportionnée à la liberté de culte au regard de l’objectif de préservation de la santé publique ».

Certains d'entre vous seront donc privés de messe. Ils pourront toutefois bénéficier des excellentes retransmissions en direct comme indiquées ci-dessous.

Toutes les messes du dimanche et la messe des jours de la semaine, selon le rit tridentin, dit de saint Pie V, le chapelet, les vêpres, sont retransmises en direct sur la chaîne YouTube de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Les diffusions en direct prévues sont indiquées avec la possibilité de recevoir un rappel avant l’heure de la messe. Les diffusions en direct terminées peuvent être vues en différé.



https://www.youtube.com/channel/UCGNiUjfJu2KOf71MKz86z7A
Saint-Nicolas du Chardonneret : messes

... Autrefois l’Eglise se souciait essentiellement de sauver les âmes, mais il faut évoluer, discerner les « signes des temps » qui ont désormais les nattes de Greta Thunberg et les rotondités de la Pachamama.

Quel est le résultat de cette mise à jour ou, plus précisément, de cette mise au goût du jour ? L’influence médiatique de l’Eglise est aujourd’hui inversement proportionnelle à son influence doctrinale et morale.

Elle s’étale dans les journaux et sur les ondes, mais elle se meurt dans des séminaires vides et des églises désertes, avec une catéchèse indigente et une liturgie désacralisée....

Extrait d'un article de l'abbé Alain Lorans sur La Porte latine

https://fsspx.news/fr/news-events/news/le-complexe-inavoue-du-concile-65149

Communiqué d'Alexandre Simonnot, Secrétaire de l'Association de catholiques du Val d'Oise

Il y a aujourd’hui 44 années, le dimanche 27 février 1977, trois prêtres français ont eu une idée de génie : occuper une église parisienne devenue célèbre: Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

L’idée des abbés Louis Coache, Vincent Serralda et Mgr François Ducaud-Bourget était simple : mettre une annonce dans L’Aurore annonçant la célébration d’une Grand' Messe Traditionnelle à la Mutualité dans le Ve arrondissement. Ce que les fidèles ne savaient pas en y venant, c’était qu’ils seraient dirigés directement vers l’église voisine, Saint-Nicolas-du-Chardonnet, se trouvant à seulement 10m de là ...

C’est ainsi que s’est accompli un miracle. Non-seulement les fidèles ont occupé cette église mais ils l’ont gardée jusqu’à ce jour !

Cela fait donc 44 ans que la Paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet a été rendue au Culte Catholique Traditionnel.
Rappelé à Dieu en 1984, Mgr François Ducaud-Bourget s'était donné comme successeur le célèbre Abbé Philippe Laguérie. C'est lui qui, durant 14 années comme Curé de Saint-Nicolas, fera de cette petite église une immense Paroisse et n'hésitera pas, avec son sourire désarmant, à aller défendre l'honneur de la Tradition et de Saint-Nicolas sur les plateaux de radio et de télévision.

Malgré toutes les décisions d’injustice qui les ont frappés, jamais les Traditionnalistes n’ont été expulsés et Saint-Nicolas-du-Chardonnet demeure, selon les propres mots de Mgr Lefebvre « Le phare de la Tradition dans le monde ».

Saint-Nicolas est un emblème de résistance et de courage. Dans cette grande Cité parisienne, cette Paroisse est semblable au petit village gaulois d’Astérix qui « résiste encore et toujours à l’envahisseur romain »

Très bon et joyeux anniversaire à Saint-Nicolas-du-Chardonnet donc, et à tous ses paroissiens. Que Saint Nicolas poursuive son bon combat pour l’unique Gloire du Bon Dieu et le salut des âmes.

► Fraternité Saint-Pie X
Messe en direct

Toutes les messes du dimanche et la messe des jours de la semaine, selon le rit tridentin, dit de saint Pie V, le chapelet, les Vêpres, sont retransmises en direct sur la chaîne YouTube de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.  Sur cette chaîne, vous trouverez aussi les diffusions en direct terminées ainsi que les indications des diffusions en direct à venir .

https://www.youtube.com/channel/UCGNiUjfJu2KOf71MKz86z7A

Menzingen, le 28 octobre 2019

En la fête des saints Simon et Jude, apôtres

Chers Membres de la Fraternité,

Le récent synode sur l’Amazonie a été le théâtre de spectacles exécrables où l’abomination de rites idolâtres est entrée dans le sanctuaire de Dieu d’une façon inédite et impensable. De son côté, le document final de cette assemblée tumultueuse s’en prend à la sainteté du sacerdoce catholique, en poussant à l’abolition du célibat ecclésiastique et au diaconat féminin. Vraiment les germes de l’apostasie, que notre vénéré Fondateur, Monseigneur Marcel Lefebvre, avait très tôt identifiés comme étant à l’œuvre dans le Concile, continuent à porter tous leurs fruits avec une efficacité renouvelée.

Au nom de l’inculturation, des éléments païens s’intègrent de plus en plus dans le culte divin et l’on constate, encore une fois, comment la liturgie de Vatican II s’y prête parfaitement.

Devant une telle situation, nous appelons tous les membres de la Fraternité et les tertiaires à une journée de prière et de pénitence réparatrice, car nous ne pouvons rester indifférents devant de telles attaques envers la sainteté de l’Eglise notre mère. Nous demandons qu’un jeûne soit observé dans toutes nos maisons le samedi 9 novembre prochain. Nous invitons tous les fidèles à faire de même et nous encourageons aussi les enfants à offrir prières et sacrifices.

Le dimanche 10 novembre 2019, chaque prêtre de la Fraternité célèbrera une messe réparatrice, et dans chaque chapelle seront chantées ou récitées les Litanies des Saints, tirées de la liturgie des Rogations, pour demander à Dieu de protéger son Eglise et de lui épargner les châtiments que de tels actes ne peuvent manquer d’attirer. Nous invitons instamment tous les prêtres amis, ainsi que tous les catholiques qui aiment l’Eglise, à faire de même.

Il en va de l’honneur de l’Eglise romaine fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui n’est pas une foire idolâtre et panthéiste.

Abbé Davide Pagliarani

Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Quand Donald Trump défend la Vie et dénonce les projets pro-avortement de l'ONU :

"Les Américains ne cesseront jamais de défendre la vie innocente. Plusieurs projets de l'ONU cherchent à favoriser des droits à l'avortement jusqu'au moment de la naissance, ces bureaucrates n'ont pas à toucher à la souveraineté des nations qui cherchent à protéger la vie."

"L'avenir n'appartient pas aux mondialistes. L'avenir appartient aux patriotes. L'avenir appartient aux nations souveraines et indépendantes, qui protègent leurs citoyens, respectent leurs voisins et honorent les différences qui font chaque pays spécial et unique."

Le pape François se montre favorable à l'obéissance à l'ONU :

"Les organisations internationales, quand nous les reconnaissons et que nous leur donnons la capacité de juger au niveau international — pensons au Tribunal International de La Haye ou aux Nations Unies — quand elles se prononcent, si nous sommes une unique humanité, nous devons obéir. Il est vrai que les choses qui semblent justes pour toute l’humanité ne le sont pas toujours pour nos poches, mais il faut obéir aux institutions internationales."

Le pape émérite Benoît XVI a fait paraître le 11 avril 2019 un texte d’une douzaine de pages dans le mensuel allemand Klerusblatt. Il s’exprime à propos des scandales dans l’Eglise, de la grave crise qu’ils provoquent, et des attaques régulières dont l’institution ecclésiastique est l’objet de la part des médias. Il précise qu’il publie ce travail avec l’accord du Secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, et du pape François.

Les mérites de ce texte sont incontestables, à plusieurs titres. En pleine tourmente, son auteur cherche à éclairer certaines zones sombres et va jusqu’à révéler des dysfonctionnements profonds, passés et présents, dans l’Eglise. Il faut reconnaître un certain courage à ce qui pourrait ressembler à une sorte de mea culpa. Peut-être l’approche de l’éternité est-elle pour quelque chose dans ces considérations ?

Une prise de parole critiquée par l’intelligentsia médiatique

D’ailleurs, les médias dans l’air du temps ne s’y sont pas trompé et les critiques ont fusé de toutes parts contre une analyse qui dérange. Les arguments les plus improbables sont employés pour discréditer le message de l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (CDF).

Certains le disent « manipulé » par son entourage ou mettent en doute le fait qu’il en soit vraiment l’auteur. L’opportunité de cette publication est fortement contestée. Marco Politi, vaticaniste progressiste reconnu, ne craint pas de parler de pamphlet et d’asséner : « Le pape émérite aurait dû choisir le silence » car, « dans les moments les plus graves, une seule voix doit être entendue au sommet, sinon on sème la confusion ». Il soupçonne Benoît XVI d’être « sous l'influence des cardinaux allemands ultra-conservateurs Walter Brandmüller et Gerhard Müller », l’ancien Préfet de la CDF que le pape argentin n’a pas reconduit en 2017 ; deux prélats qui seraient, selon lui, « engagés dans une vaste opération de diversion pour faire endosser les péchés de pédophilie au sein de l'Eglise à la culture gay et à la perte de la foi ».

Face à de telles réactions, les réflexions de l’ancien pape allemand méritent d’être analysées sereinement. Elles s’articulent en trois parties : le contexte social ; ses conséquences sur les hommes d’Eglise ; la recherche d’une solution adaptée.

Première partie : les causes

Le contexte social de la libération des mœurs

Benoît XVI entend d’abord rappeler que « dans les années 1960, un événement d’une ampleur sans précédent dans l’histoire s’est produit. On peut dire qu’en vingt ans, de 1960 à 1980, les normes en matière de sexualité se sont complètement effondrés ».

Telles sont les causes profondes des abus : la révolution libertaire des années 60 et la mise en place agressive d’une éducation sexuelle de plus en plus débridée, accompagnée de l’irruption de la pornographie qui envahit alors les écrans de cinéma puis ceux de la télévision. Dès cette époque, l’on trouve des chantres de la pansexualité pour louer et promouvoir la pédophilie.

Cette analyse est vivement contestée par les faiseurs d’opinion. Il suffit pourtant de consulter l’article sur l’Apologie de la pédophilie publié sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia pour être édifié à ce sujet. L’introduction est instructive : « L’apologie de la pédophilie est l’ensemble des actions, écrits et prises de position visant à faire accepter socialement la pédophilie ou simplement à en faire l’éloge. Cette tendance a principalement existé à l’époque dite de la révolution sexuelle, essentiellement dans les années ayant immédiatement suivi 1968, du fait de personnes se présentant elles-mêmes comme pédophiles, mais aussi de “sympathisants”. Des groupes de personnes et des individus isolés ont alors cherché à présenter la pédophilie comme une attirance sexuelle acceptable, ou à contester les notions de majorité sexuelle ou d’abus sexuel sur mineur. La pédophilie a parallèlement fait l’objet à l’époque de diverses formes de complaisance, médiatiques, politiques ou intellectuelles. Cette mouvance n’a jamais atteint un niveau de reconnaissance durable et notable malgré, dans les années 1970, quelques soutiens médiatiques et politiques de portée limitée. »

En France, un journal comme Libération a longtemps milité pour l’assouplissement de la législation en matière de détournement de mineurs, à grand renfort de pétitions que signaient des personnalités comme Aragon, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, François Chatelet, Patrice Chéreau, Jacques Derrida, Françoise Dolto, Michel Foucault, André Glucksmann, Félix Guattari, Bernard Kouchner, Jack Lang, Alain Robbe-Grillet, Jean-Paul Sartre, Philippe Sollers… Daniel Cohn-Bendit, figure de mai 68, fit l’éloge de la pédophilie, fût-ce avec une fillette de cinq ans.

Benoît XVI voit dans ce flot nauséabond qui considérait la pédophilie comme « autorisée et appropriée » l’une des explications de la corruption de la jeunesse, y compris parmi toute une génération de prêtres dont beaucoup firent alors massivement défection.

La révolution de la théologie morale

Parallèlement avait lieu un « effondrement » de la théologie morale et de l’enseignement de l’Eglise en matière de mœurs. Ce fut le fruit d’une véritable révolution, née du mépris conscient de la loi naturelle.

Benoît XVI écrit : « Jusqu’au concile Vatican II, la théologie morale catholique était largement fondée sur la loi naturelle, tandis que les Saintes Écritures n’étaient citées que comme contexte ou fondement. Dans la lutte du Concile pour une nouvelle compréhension de la Révélation, l’option de la loi naturelle a été largement abandonnée, et une théologie morale entièrement basée sur la Bible était réclamée. »

L’aveu est de taille : c’est bien le Concile qui est donné comme responsable de l’abandon de la loi naturelle. L’analyse de Benoît XVI reconnaît cet abandon, sans mesurer semble-t-il qu’il constitue une rupture de la tradition. Car la théologie morale ne saurait se passer ou se détacher de la loi naturelle : la grâce ne détruit pas la nature, mais la présuppose. Vouloir construire la morale sans elle, est un pur non-sens (Cf. Nouvelles de Chrétienté, n° 176, mars-avril 2019, pp. 5-9). De plus, prétendre opposer loi naturelle et Révélation est illusoire. Car la loi naturelle est contenue dans la Sainte Ecriture, source de la Révélation, comme le montre clairement le Décalogue. Cette loi est inscrite dans le cœur de l’homme par Dieu Lui-même, Auteur de la nature.

De là les innombrables dérives de la nouvelle théologie, et spécialement le relativisme moral, que dénonce justement Benoît XVI. De là encore, la revendication d’indépendance de la part des théologiens vis-à-vis du Magistère, perçu comme ennemi de la liberté et frein au progrès de la théologie et de l’humanité. Benoît XVI mentionne plusieurs épisodes de cette contestation.

Il tente de se défendre, et Jean-Paul II avec lui, en mettant en avant son action lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. C’est sous sa direction que fut publié le nouveau Catéchisme de l’Eglise catholique, tandis que l’encyclique Veritatis splendor venait, malgré ses limites, réaffirmer l’existence des fondements intangibles de la morale.

Les attaques contre le Magistère de l’Eglise

Le pape émérite mentionne aussi cette « hypothèse selon laquelle le Magistère de l’Eglise ne devrait avoir la compétence finale (“infaillibilité”) qu’en matière de foi ». Largement répandue et acceptée, elle avait pour conséquence que « les questions de moralité ne devraient pas entrer dans le champ des décisions infaillibles du Magistère de l’Eglise ».

Bien qu’il voie dans cette hypothèse « probablement quelque chose de juste » – ce qui est lui donner consistance –, Joseph Ratzinger défend l’existence d’une « morale minimale indissolublement liée au principe fondateur de la foi », sans laquelle ne pourrait exister l’infaillibilité de l’Eglise et du pape en matière de foi et de mœurs. Les contestataires les plus radicaux, en l’ignorant, prétendent logiquement que « l’Eglise n’a pas et ne peut pas avoir sa propre moralité ».
La réponse du pape émérite est l’affirmation nette que le fondement de toute morale est la révélation que l’homme a été créé à l’image de Dieu, la foi au Dieu unique, et l’aspect pérégrinant de la vie chrétienne. Nous cheminons vers la patrie, et l’Eglise doit protéger les fidèles du monde.

Deuxième partie : les effets

Le deuxième volet des réflexions de Benoît XVI montre quels furent les ravages provoqués par la double dissolution de la morale chrétienne et de l’autorité de l’Eglise en matière de mœurs. C’est ici qu’il s’emploie à dénoncer les effets tout en épargnant le Concile et ses réformes. Il reconnaît cependant l’insuffisance des moyens de sanction – et de guérison – que l’Eglise s’est donnés après le Concile.

Rupture de la formation dans les séminaires

L’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qui en sait long sur le sujet, évoque d’abord la formation des prêtres. Il admet sans ambages qu’en « ce qui concerne le problème de la préparation au ministère sacerdotal dans les séminaires, il y a en fait une rupture profonde avec la forme précédente de cette préparation. » Cette rupture dans la formation a permis que, « dans plusieurs séminaires, des clans homosexuels se sont constitués, qui ont agi plus ou moins ouvertement et ont changé de manière significative le climat des séminaires. Dans un séminaire du sud de l’Allemagne, des candidats au sacerdoce et des candidats au ministère laïc d’assistant pastoral vivaient ensemble. Aux repas communs, les séminaristes et ces candidats mangeaient ensemble, (…) ces derniers parfois accompagnés de leurs épouses et de leurs enfants, ou même de leurs petites amies. Le climat de ce séminaire ne pouvait prétendre assurer la préparation à la vocation sacerdotale ».

Le Saint-Siège avait connaissance de ces problèmes, répandus particulièrement aux Etats-Unis. Des visites apostoliques furent organisées. C’est ici la seule mention de l’homosexualité dans les séminaires.  Dans un document traitant de la pédophilie, c’est plus que n’en peuvent supporter les médias et faiseurs d’opinion… 

Rupture dans le recrutement des évêques

Dans ce climat d’effondrement moral, Joseph Ratzinger avoue également que l’application du Concile eut pour conséquence de faire monter dans la hiérarchie de l’Eglise des pasteurs insuffisamment formés à leurs tâches. 

« Les critères de sélection et de nomination des évêques ayant également été modifiés après le concile Vatican II, les relations des évêques avec leurs séminaires étaient également très différentes. Par-dessus tout, un critère pour la nomination de nouveaux évêques était maintenant leur “conciliarité”, ce qui pouvait être compris comme signifiant des choses assez différentes. Dans de nombreuses parties de l’Eglise, les attitudes conciliaires étaient comprises comme une attitude critique ou négative à l’égard de la tradition existante, qui devait maintenant être remplacée par une nouvelle relation, radicalement ouverte, avec le monde. Un évêque, qui avait été auparavant recteur de séminaire, avait organisé la projection de films pornographiques aux séminaristes, prétendant les rendre ainsi résistants à des comportements contraires à la foi. Il s’est trouvé – pas seulement aux Etats-Unis – des évêques rejetant la tradition catholique dans son ensemble et cherchant à faire naître une sorte de nouvelle “catholicité”, moderne, dans leurs diocèses. »

Derrière ce constat se cache la véritable « épuration » dont furent victimes les évêques attachés à la tradition, systématiquement mis de côté ou remplacés par un épiscopat progressiste acquis aux idées nouvelles, celles du Concile et de l’aggiornamento qui autorisait à peu près n’importe quoi. C’est l’application de Vatican II par le pape Paul VI qui est ici en jeu à travers la nomination des évêques. Un sujet qui mériterait d’être approfondi. 

Rupture dans la législation canonique

Benoît XVI aborde enfin directement la question de la pédophilie et de l’insuffisance des moyens de répression fournis par le nouveau Code de Droit canonique. Ce passage est particulièrement instructif.

« La question de la pédophilie (…) ne s’est posée que dans la seconde moitié des années 1980 ». Les évêques des Etats-Unis, où le problème était devenu public, « demandèrent de l’aide, car le droit canonique, consigné dans le nouveau Code (1983), ne semblait pas suffisant pour prendre les mesures nécessaires. (…) Ce n’est que lentement qu’un renouvellement et un approfondissement du droit pénal délibérément peu structuré du nouveau Code ont commencé à prendre forme. »

A la source de cette faiblesse délibérément voulue, « il y avait un problème fondamental dans la perception du droit pénal. Seul le garantisme 1 était considéré comme “conciliaire”. Il fallait avant tout garantir les droits de l’accusé, dans une mesure qui excluait en fait toute condamnation. (…) Le droit à la défense par voie de garantie a été étendu à un point tel que des condamnations étaient difficilement possibles. »

Le pape émérite justifie son action, en expliquant la conduite tenue : « Un droit canonique équilibré (…) ne doit donc pas seulement protéger l’accusé (…). Il doit aussi protéger la foi (…). Mais personne aujourd’hui n’accepte que la protection de la foi soit un bien juridique. »

A cause de ce garantisme, il fallut contourner la difficulté en transférant les compétences de la Congrégation du Clergé, normalement responsable du traitement des crimes commis par les prêtres, à la Congrégation pour la Doctrine de la foi sous le chef de “Délits majeurs contre la foi”. Ceci permit « d’imposer la peine maximale, l’expulsion, qui n’aurait pu être imposée en vertu d’autres dispositions légales. » Afin de protéger la foi, il fallut pour ce faire mettre en place une véritable procédure pénale, avec possibilité d’appel à Rome.

Ainsi la logique implacable du personnalisme, qui fait passer l’individu avant la société et le bien commun, a rendu la justice de l’Eglise quasiment inopérante avec le Code de Droit canonique de 1983. Depuis lors, la curie romaine s’est employée à contourner l’obstacle, au prix de contorsions juridiques et avec des résultats mitigés. Un gâchis…

Troisième partie : perspectives

Benoît XVI achève ses réflexions en essayant de donner quelques perspectives de solution.

Rappeler l’existence de Dieu car une société sans Dieu supprime la distinction entre bien et mal

S’adressant dans ce texte à des prêtres principalement, il les exhorte à s’en remettre à l’amour de Dieu mais aussi à réaffirmer fortement l’existence de Dieu à la face du monde. Il faut reconnaître l’intervention divine dans l’histoire des hommes, car le refus de Dieu entraîne la destruction de la liberté :
« Une société sans Dieu – une société qui ne Le connaît pas et Le traite comme inexistant – est une société qui perd sa mesure. De nos jours, on a inventé le slogan de la mort de Dieu. Quand Dieu meurt dans une société, elle devient libre, nous a-t-on assuré. En réalité, la mort de Dieu dans une société signifie aussi la fin de la liberté, parce que ce qui meurt, c'est le but qui donne une orientation. Et parce que disparaît la boussole qui nous indique la bonne direction en nous apprenant à distinguer le bien du mal. La société occidentale est une société dans laquelle Dieu est absent de la sphère publique et n'a plus rien à lui offrir. Et c'est pourquoi c'est une société dans laquelle la mesure de l'humanité est de plus en plus perdue. »

C’est par l’absence de Dieu que certains en sont arrivés à répandre le laxisme étendu jusqu’à la pédophilie.

Au passage, Benoît XVI relève que les hommes d’Eglise ne parlent pas suffisamment de Dieu dans la sphère publique. Il semble regretter que la Constitution européenne ignore Dieu comme « principe directeur de la communauté dans son ensemble ». A qui la faute, alors que depuis Vatican II les autorités de l’Eglise se sont employées à détruite les Etats catholiques en supprimant l’invocation du Dieu un et trine en tête de leurs constitutions ?

La question liturgique

Le pape émérite poursuit : il ne suffit pas de rappeler l’existence de Dieu, il faut encore vivre de l’Incarnation, particulièrement à travers la sainte Eucharistie. Fidèle à ses enseignements passés, il dresse un constat troublant :

« Notre célébration de l’Eucharistie ne peut que susciter l’inquiétude. Le concile Vatican II a voulu le retour de ce sacrement de la Présence du Corps et du Sang du Christ, de la Présence de sa Personne, de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, au centre de la vie chrétienne et de l’existence même de l’Eglise. (…) Pourtant, une attitude assez différente prévaut. Ce qui prédomine n’est pas une nouvelle révérence pour la présence de la mort et de la résurrection du Christ, mais une manière de traiter avec Lui qui détruit la grandeur du Mystère. Le déclin de la participation à la célébration eucharistique dominicale montre combien nous, chrétiens d’aujourd’hui, savons encore peu de choses sur la grandeur du don qu’est sa présence réelle. L’Eucharistie est dévalorisée en un simple geste cérémoniel lorsqu’on tient pour acquis que la courtoisie (sic) exige qu’il soit offert à tous ceux qui sont invités (…). » 

Ces considérations sont proprement stupéfiantes, et montrent très clairement les limites de l’analyse de l’ancien pape, qui reste attaché à la réforme de Paul VI tout en déplorant une liturgie devenue banale parce que désacralisée. Nous y reviendrons.

La foi en l’Eglise

Enfin l’ancien Souverain Pontife se penche sur le mystère de l’Eglise. Il s’interroge et se lamente sur des (pseudo) renaissances qui n’ont finalement pas eu de lendemain. De même qu’il vient d’expliquer que Vatican II avait voulu « un retour » du sacrement de l’Eucharistie – pour un piètre résultat –, de même il explique que Vatican II voulut faire de l’Eglise une réalité non plus extérieure mais censée « s’éveiller dans les âmes ». Cinquante ans plus tard, « en reconsidérant ce processus et en regardant ce qui s'était passé », il est tenté de dire : « l'Église meurt dans les âmes. » Ce constat d’un échec patent devrait conduire à remettre en question les principes ecclésiologiques de Vatican II. Malheureusement il n’en est rien. Benoît XVI trouve une autre explication :

« L’Eglise aujourd’hui est largement considérée comme une sorte d’appareil politique [il faudrait plutôt dire sociologique]. On en parle presque exclusivement en catégories politiques, et cela vaut même pour les évêques, qui formulent leur conception de l’Eglise de demain presque exclusivement en termes politiques. La crise, provoquée par les nombreux cas d’abus cléricaux, nous pousse à considérer l’Eglise comme quelque chose de presque inacceptable, que nous devons maintenant prendre en main et redessiner. Mais une Eglise qui s’est faite elle-même ne peut constituer une espérance. »

Il y aura toujours de l’ivraie parmi le bon grain dans le champ du Seigneur, et des mauvais poissons à côté des bons dans les filets de pêche de l’Eglise. Et de conclure par une belle application d’un passage de l’Apocalypse (12, 10) où le diable est présenté comme « l’accusateur de nos frères », comme il fit avec Job en l’accusant devant Dieu.

« Le Dieu Créateur est affronté au diable qui dit du mal de toute l’humanité et de toute la création. Il dit, non seulement à Dieu, mais surtout au monde : Regardez ce que ce Dieu a fait. Soi-disant une bonne création, mais en réalité pleine de misère et de dégoût. (…) Il veut prouver que Dieu Lui-même n’est pas bon, et ainsi nous détourner de Lui. (…) Aujourd’hui, l’accusation contre Dieu, c’est avant tout de qualifier Son Eglise d’entièrement mauvaise, et donc de nous en éloigner. L’idée d’une Eglise meilleure, créée par nous-mêmes, est en fait une proposition du diable, avec laquelle il veut nous éloigner du Dieu vivant, par une logique trompeuse par laquelle nous sommes trop facilement dupés. Non, même aujourd’hui, l’Eglise n’est pas seulement composée de mauvais poissons et de mauvaises herbes. L’Eglise de Dieu existe aussi aujourd’hui, et c’est aujourd’hui l’instrument même par lequel Dieu nous sauve. Il est très important d’opposer les mensonges et les demi-vérités du diable avec toute la vérité : oui, il y a le péché dans l’Eglise et le mal. Mais même aujourd’hui, il y a la Sainte Eglise, qui est indestructible. »

Ce beau passage, s’il est consolant, ne doit pas cacher la réalité de la crise déclenchée par des doctrines délétères répandues à pleines mains par de mauvais pasteurs.
 

Commentaire

Une analyse limitée

Le diagnostic porté par Benoît XVI, s’il est sévère et paraît lucide, reste néanmoins dans la ligne symptomatique : il décrit la maladie par ce qui la manifeste, il remonte à certaines de ses causes, mais il est incapable d’identifier les causes profondes et véritables, ou de nommer la maladie elle-même. Ce qui a pour conséquence qu’il ne peut proposer que des soins palliatifs, qui, comme chacun sait, ne font qu’atténuer les symptômes d’une maladie sans agir sur sa cause.

Certes, la révolution libertaire a profondément marqué la société dans laquelle nous vivons, et elle abîme les consciences. Mais cette révolution fut concomitante avec le Concile, qui s’était justement donné pour mission de « scruter les signes des temps » afin de répondre aux aspirations du monde. Ce faisant, l’Eglise s’est lancée dans un maelström de réformes qui a emporté les fidèles comme les pasteurs.

Alors que mai 68 disait : « du passé faisons table rase », Vatican II avait déjà adopté cet esprit cherchant à faire de « la tradition table rase ». Cet esprit est bien présent dans plusieurs textes du Concile, comme Dignitatis HumanæUnitatis redintegratioGaudium et Spes, ainsi que dans les différentes déclarations qui vinrent le clôturer. Cette révolution s’est manifestée de multiples manières, en particulier dans les séminaires. La jeunesse cléricale et religieuse a été contaminée par l’ambiance d’un monde matérialiste, athée et licencieux.

De même, la révolution de mai 68 affirmait : « il est interdit d’interdire ». La théologie morale ébranlée a répété ce slogan en prônant le relativisme et le refus de régulation par le magistère.

Les symptômes sont donc patents. Mais Benoît XVI refuse d’en retrouver les causes dans le Concile et ses réformes, au nom de cette interprétation biaisée dont il fut le chantre : la fameuse « herméneutique de rupture » à laquelle il opposait une « herméneutique de la continuité » censée exonérer Vatican II et le magistère subséquent de toute responsabilité.

Des responsabilités écrasantes

En ces temps troublés, ceux de l’époque des années 60 jusqu’à nos jours, il faut affirmer que l’autorité n’a pas agi efficacement, ce qui est un signe soit de faiblesse tragique, soit de complicité. Mais n’était-ce pas « saint » Paul VI qui dirigeait la barque de Pierre à cette époque ? Ce « saint » a-t-il été faible à ce point, ou complice ?
Lorsqu’un effet est constaté avec régularité, il manifeste une cause. Vouloir la limiter à une herméneutique est insuffisant. L’induction doit être menée jusqu’au bout et il faut avoir le courage de remonter aux germes qui se trouvent dans le Concile, sous peine de renoncer au principe de causalité.

D’autant que les mesures prises pour essayer de résoudre le problème manifestent, à leur tour, cette cause qui prospère, tel un foyer infectieux. Le pape émérite est bien obligé de reconnaître l’insuffisance du nouveau Droit Canon, et son incapacité à résoudre les problèmes. Mais qui donc a promulgué ce Code ? Et qui a ensuite été obligé d’échafauder des solutions de secours, elles-mêmes insuffisantes ? N’est-ce pas « saint » Jean-Paul II ?

Et d’où vient cette insuffisance ? De ce principe de liberté moderne, appliqué à travers le personnalisme à toute la législation de l’Eglise, la rendant inopérante. C’est l’autorité qui s’est elle-même liée les mains en proclamant qu’elle ne voulait plus condamner, comme l’attestent les discours de Jean XXIII lors de l’ouverture du Concile et de Paul VI lors de sa clôture.

Quant à la cécité sur la nocivité de la réforme liturgique, elle est presque caricaturale. Le pape émérite affirme les bonnes intentions du Concile et ses belles réalisations. Il constate ensuite que le résultat est catastrophique, mais il se garde bien d’arriver à la conclusion qui s’impose. Le fait que les évêques ne voient plus l’Eglise que de manière politique ou sociologique ne le fait pas non plus s’interroger sur la qualité de l’ecclésiologie nouvelle véhiculée par Lumen gentium.

C’est pourquoi ses propositions pour un redressement, malgré une certaine valeur palliative, seront incapables d’éradiquer la maladie. Comme le disait Mgr Lefebvre, le modernisme est une sorte de sida spirituel répandu dans l’Eglise, qui affaiblit l’organisme en le privant de ses défenses. Ceux qui en sont frappés n’ont plus les forces nécessaires pour reconnaître l’agresseur et mettre en œuvre les moyens adaptés pour l’éliminer. Seule la restauration de toutes choses dans le Christ, par la fidélité de l’Eglise à sa propre tradition, à ses rites sacro-saints, à sa doctrine révélée, à sa morale parfaite et à sa discipline multiséculaire, pourront redresser la barque de Pierre et laver notre Sainte Mère des affronts qui la défigurent depuis trop longtemps.

Source: FSSPX News

L’Église catholique est en crise. Pas partout, puisqu’en un an, le nombre de catholiques a augmenté de 1,5 % dans le monde. Mais en Europe, où nombre d’églises sont désacralisées, et particulièrement en France où les prêtres se font rares dans les paroisses. Mgr. Bernard Podvin, ancien porte-parole de la Conférence des évêques de France, avait déclaré devant les caméras de KTO à Noël 2014 : « On manque de vocations… Quand on ordonne cent prêtres par an et qu’il en meurt 800 par an pour le territoire français, c’est évident. Le déficit est là et il est criant. »

C’est évident pour l’Église dite conciliaire, un peu moins pour l’Église traditionaliste. Mais les chiffres sont là. Depuis les ravages de Vatican II, la France sera bientôt sans prêtres et ...

Le jeudi 20 avril 2017, un site sera lancé par la Fraternité Saint-Pie X, en France. Le site aura pour nom FSSPX/Actualités. C’est une nouvelle particulièrement importante. Jusque là, la Fraternité Saint-Pie X ne disposait guère, en France, d’instrument satisfaisant et adéquat. En outre, ce site a vocation à remplacer le site DICI, qui assurait, dans l’espace francophone,  la communication de la FSSPX.

On peut avoir une idée de ce futur site par cette brève vidéo de présentation:

Lettre de la Commission Ecclesia Dei aux conférences épiscopales :

Éminence,

Excellence Révérendissime,

Comme vous le savez, différents types de rencontres et d’initiatives sont en cours depuis longtemps pour ramener la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans la pleine communion. Ainsi le Saint-Père a-t-il récemment décidé d’accorder à tous les prêtres de cet institut les pouvoirs de confesser validement les fidèles (Lettre Misericordia et misera, n. 12), de manière à assurer la validité et la licéité du sacrement qu’ils administrent et à ne pas laisser les personnes dans le doute.

Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles, malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint PieX, le Saint-Père, sur proposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, a décidé d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité, selon les modalités suivantes.

Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du Sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité.

En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement.

Certaine que, de cette façon aussi, on pourra éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle, cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration.

Au cours de l’audience du 24 mars 2017 accordée au Cardinal Président soussigné, le Souverain Pontife François a approuvé la présente Lettre et en a ordonné la publication.

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 mars 2017.

Gerhard Card. L. Müller Président

+ Guido Pozzo Archevêque titulaire de Bagnoregio Secrétaire

Addendum : Communiqué de la Maison générale sur la lettre de la Commission Ecclesia Dei au sujet des mariages des fidèles de la Fraternité Saint-Pie X

"Comme pour les dispositions prises par le pape François accordant la faculté de confesser aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X pour l’Année Sainte (1er septembre 2015), et étendant cette faculté au-delà de l’Année Sainte (20 novembre 2015), la Maison Générale apprend que le Saint-Père a décidé « d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité ». (Lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 27 mars 2017, publiée ce 4 avril)

Cette décision du Souverain Pontife prévoit que : « Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité. »

Mais elle dispose également que : « En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du sacrement. »

La Fraternité Saint-Pie X remercie profondément le Saint-Père pour sa sollicitude pastorale, telle qu’elle s’exprime à travers la lettre de la Commission Ecclesia Dei, dans le but de lever « les doutes quant à la validité du sacrement de mariage ». Le pape François veut manifestement que, comme pour les confessions, tous les fidèles qui souhaitent se marier en présence d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, puissent le faire sans aucune inquiétude sur la validité du sacrement. Il est à souhaiter que tous les évêques partagent la même sollicitude pastorale.

Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X s’emploieront fidèlement, comme ils le font depuis leur ordination, à préparer au mariage les futurs époux, selon la doctrine immuable du Christ sur l’unité et l’indissolubilité de cette union (cf. Mt 19, 6), avant de recevoir les consentements dans le rite traditionnel de la Sainte Eglise."

Le livre du Conseil permanent de la conférence des évêques de France a une grande qualité : il est court. C’est sa seule qualité.

Ce texte incarne ad nauseam un catholicisme couleur muraille qui semble avoir définitivement renoncé à sa dimension prophétique pour accompagner les lieux communs du temps, énoncés avec une platitude que n’oserait pas le moindre éditorialiste. Ce n’est plus une Eglise qui proclame le Christ, c’est le Mouvement d’accompagnement spirituel de la démocratie universelle (Masdu) dont parlait autrefois l’abbé de Nantes et Jean Madiran. Les quelques évêques qui ont signé ce texte s’en prennent sans le nommer à l’idée de Benoît XVI selon laquelle le christianisme est nécessairement une contre-culture. Dans leur petit confort (peut-on parler d’évêques bobos, déconnectés de leurs ouailles ?), ils ont renoncé à être la pierre angulaire ou le sel de la terre. C’est triste, sans saveur, sans intelligence, sans esprit, banalement humain.

Autre chose frappante : c’est le ton moralisateur employé vis-à-vis de la classe politique : certes, c’est très banal et assez juste de rappeler que nos politiciens professionnels ont failli à leur mission, mais, dans leur domaine, les évêques ont-ils fait beaucoup mieux ? Ont-ils transmis le dépôt de la foi ? Ont-ils évangélisé ? Ont-ils combattu l’apostasie dont parlait Jean-Paul II ? Ont-ils dénoncé l’hérésie et défendu la vérité ? Non, rien de cela, comme le montrent chaque semaine leurs communiqués insipides. Il n’y en avait aucun (soit à peu près zéro sur une centaine) hier à La Manif Pour Tous. Pire, hormis 2 évêques (deux, pas trois, deux seulement !), aucun n’a appelé publiquement à manifester pour la famille. La CEF n’a publié aucun communiqué. Mgr Ribadeau-Dumas, secrétaire général de la CEF, twittait hier 16 octobre, sur l’anniversaire de l’élection de Jean Paul II : « Ses mots résonnent encore : n’ayez pas peur. Ouvrez grandes les portes au Christ. » N’ayez pas peur, c’est ce que l’on demande à nos évêques…

PM. PDT

Au retour des JMJ, le pape a été interrogé dans l’avion par des journalistes au sujet des attentats perpétrés au nom de l’islam, comme la situation internationale l’exige. Le Figaro nous livre ce matin « le texte intégral de sa réponse ». Consternante.

Quand le souverain pontife affirme que « les musulmans ne sont pas tous violents », il est dans son rôle. Mais tout le reste de son discours est inaudible pour des chrétiens dont la foi a encore quelque vigueur, et même pour tous ceux, croyants ou non, qui osent regarder la réalité.

François, précisément, prétend se fonder sur la réalité des faits pour refuser de « parler de violence islamique, parce qu’en feuilletant les journaux [il ne voit] tous les jours que des violences, même en Italie : celui-là qui tue sa fiancée, tel autre qui tue sa belle-mère, et un autre… et ce sont des catholiques baptisés, hein ! » Soit. Mais je ne sache pas que ces « catholiques violents » tuent leur fiancée ou leur belle-mère au nom de leur religion, en criant « Jésus est grand ».

Le cardinal Sarah, Préfet au Vatican de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements lance depuis Londres où il se trouve dans le cadre de Sacra Liturgia 2016, un appel à tous les prêtres pour qu'ils célèbrent désormais ad orientem à partir du 1er Dimanche de l'Avent 2016.  Source: MessainLatino.it

Mgr Rey lui répond qu'il en sera ainsi dans le diocèse de Toulon, après envoi d'une lettre à tous ses prêtres.

A l’issue de la réunion des supérieurs majeurs de la Fraternité Saint-Pie X qui s’est tenue en Suisse, du 25 au 28 juin 2016, le Supérieur général adresse le communiqué suivant :

Le but de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est principalement la formation des prêtres, condition essentielle du renouveau de l’Eglise et de la restauration de la société.
1. Dans la grande et douloureuse confusion qui règne actuellement dans l’Eglise, la proclamation de la doctrine catholique exige la dénonciation des erreurs qui ont pénétré en son sein, malheureusement encouragées par un grand nombre de pasteurs, jusqu’au Pape lui-même.
2. La Fraternité Saint-Pie X, dans l’état présent de grave nécessité qui lui donne le droit et le devoir de distribuer les secours spirituels aux âmes qui recourent à elle, ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique, à laquelle elle a droit en tant qu’œuvre catholique. Elle n’a qu’un désir : porter fidèlement la lumière de la Tradition bimillénaire qui montre la seule route à suivre en cette époque de ténèbres où le culte de l’homme se substitue au culte de Dieu, dans la société comme dans l’Eglise.
3. La « restauration de toutes choses dans le Christ », voulue par saint Pie X à la suite de saint Paul (Eph 1,10), ne pourra se réaliser sans le soutien d’un Pape qui favorise concrètement le retour à la Sainte Tradition. En attendant ce jour béni, la Fraternité Saint-Pie X entend redoubler d’efforts pour établir et diffuser, avec les moyens que lui donne la divine Providence, le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
4. La Fraternité Saint-Pie X prie et fait pénitence pour que le Pape ait la force de proclamer intégralement la foi et la morale. Ainsi il hâtera le triomphe du Cœur Immaculé de Marie que nous appelons de nos vœux, à l’approche du centenaire des apparitions de Fatima.

Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X
Ecône, le 29 juin 2016

Une certaine confusion existe sur l'attitude à avoir pendant les messes chantées selon le rit tridentin, notamment pendant les prières au bas de l'autel. C'est une confusion avec l'attitude à avoir pendant les messes basses. Il n'y a pas précisément de rubrique officielle concernant l'attitude des fidèles pendant le début de la messe chantée. Mais c'est le recours à la Tradition qui donne une indication : l'Introït est le début de la Messe. Introït veut dire "Il entre" (le prêtre). C'est donc un chant d'entrée, historiquement de procession. Il est logique que les fidèles soient debout, comme le prêtre, et en lien spirituel avec la chorale. Pendant l'Introït, les fidèles, debout, s'inclinent au Gloria Patri.

C’est une bombe que vient de lancer Famille chrétienne en interrogeant le cardinal Robert Sarah,  préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Celui-ci plaide en effet pour une réorientation de la sainte messe, tournée, prêtre comme fidèles, vers l’Orient. Il explique notamment :

Se convertir, c’est se tourner vers Dieu. Je suis profondément convaincu que nos corps doivent participer à cette conversion. Le meilleur moyen est certainement de célébrer – prêtres et fidèles – tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient. Il ne s’agit pas, comme on l’entend parfois, de célébrer le dos tourné aux fidèles ou face à eux. Le problème n’est pas là. Il s’agit de se tourner ensemble vers l’abside qui symbolise l’Orient où trône la croix du Seigneur ressuscité.

Par cette manière de célébrer, nous expérimenterons, jusque dans nos corps, la primauté de Dieu et de l’adoration. Nous comprendrons que la liturgie est d’abord notre participation au sacrifice parfait de la croix. J’en ai fait personnellement l’expérience ; en célébrant ainsi, l’assemblée, avec le prêtre à sa tête, est comme aspirée par le mystère de la croix au moment de l’élévation.

Tout l’entretien est à lire. Dans la suite du cardinal Ratzinger, le cardinal Sarah explique que la liturgie, le mystère, le sens du saint sacrifice, la prière, …, tout doit orienter le prêtre à célébrer vers Dieu, qui est le principal acteur de l’action liturgique, entraînant derrière lui les fidèles.

De nombreux prêtres, jeunes et décomplexés, ont salué ces propos. Les suivront-ils ? C’est une bonne question. Mais Perepiscopus s’interroge : quel évêque français reprendra à son compte les propos du cardinal de la Sainte Eglise ? Le cardinal préfet de la liturgie sera-t-il écouté par les évêques de France ? Et si oui, par combien ? …

Lors de la cérémonie de consécration de l’église Saint-Joseph de Montréal de l’Aude (11) le dimanche 1er mai, Mgr Fellay a donné quelques précisions dans son homélie sur l’états des relations entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège.

Extrait rapporté par La Porte Latine (04/05/2016)

Mgr FellayEn même temps, on voit que, surtout chez les plus jeunes, il y a un début de réaction, et même en haut de la hiérarchie. Il y a des cardinaux, il y a des évêques qui commencent à dire « c’est trop ». Ils commencent à parler. Je dirais que tout d’un coup on voit que nous ne sommes plus les seuls à protester, à réagir ; il y en a d’autres. C’est nouveau.

L’adhésion au Concile ne serait plus le critère de l’appartenance à l’Eglise

Et dans les relations que nous avons avec Rome, il y a des choses encore plus étonnantes et que nous relions à cette situation chaotique. Là récemment, pour la première fois, nous avons pu entendre à Rome que nous n’étions plus obligés d’accepter le Concile. Vous vous rendez compte : c’est énorme ! On nous a dit : « Vous avez le droit de maintenir cette opinion ». Ce n’est pas encore : « Nous avons eu tort », ce n’est pas encore : « le Concile était mauvais », mais c’est : « le Concile ne peut pas obliger ». On ne peut pas obliger quelqu’un à accepter le Concile pour être catholique.

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