Dans une semaine, le 4 mai, sortira en France « La Résurrection du Christ », diffusé par Sony et par Saje distribution (qui avait déjà distribué notamment « Cristeros »). Ce film, qui met en scène une enquête policière ordonnée par Pilate pour retrouver le corps disparu de Jésus, est à la fois une remarquable réussite hollywoodienne et une présentation efficace de la foi chrétienne, si attaquée en France. Il connaît un grand succès aux Etats-Unis. Pour qu’il en soit de même en France, nous ne pouvons guère compter sur les « grands médias » – et bien davantage sur la blogosphère. C’est pourquoi nous relayons bien volontiers l’initiative du Salon beige qui invite à s’inscrire pour connaître les horaires de diffusion les plus proches de chez vous et, surtout, à s’organiser, à la fois, pour les faire connaître localement et ainsi remplir les salles, et pour réclamer des diffusions là où il n’y en a pas encore de prévu.

Michel Onfray, philosophe athée, constate, et d’une certaine manière déplore, la pastorale de l’enfouissement et le renoncement à la transcendance qui carctérisent l'évolution de l'Eglise catholique.

"La Sagrada Familia (de Barcelone) ne parvient pas à être terminée ? Ce n’est pas étonnant quand on lit les actes du Concile Vatican II qui démontrent qu’aujourd’hui il n’y a plus de place pour la transcendance ; ce qui se dégage de Vatican II est purement formel. 

J’étais gamin quand j’ai vu les effets de Vatican II sur la messe. Il y avait les garçons et les filles séparés d’un côté et de l’autre de la nef et le prêtre qui tournait le dos à l’assemblée et officiait face au tabernacle, c’est à dire vers le soleil levant, vers le lieu de la lumière. On attendait la lumière parce que le Christ était lumière et plus on était vers le fond de l’église, près de la porte, plus on était dans le domaine du profane. Tout cela faisait sens ; le prêtre s’adressait à Dieu ; il était l’intercesseur pour ses ouailles disposées derrière lui, tous tendus, orientés, vers la transcendance. 

Et soudain, on change tout cela ; on installe l’autel au milieu du choeur, on délaisse le tabernacle et on célèbre la messe en tournant matériellement le dos à Dieu ; et on s’adresse désormais aux gens ; les hommes et les femmes se mêlent dans la nef, et on dit que la musique n’a plus besoin d’être sacrée, d’où la guitare de "La vie est un long fleuve tranquille" ; le curé s’habille en Jean ; moi, on me dit un jour : "Notre Père qui êtes aux cieux” ?… non, non, maintenant on tutoie Dieu, on ne parle plus en latin, etc. C’est à dire que c’est l’Eglise qui d’un seul coup nous dit : on n’a plus besoin de sacré, le sacré est dans l’immanence ; on n’a plus besoin de transcendance, la transcendance est dans l’immanence ; signe que l’on avalise l’évidence de ce que la civilisation nous dit : nous avons perdu le sens du sacré judéo-chrétien."

 D’après les directives du pape Pie XII

 

photos de fidèles à la messe

Les attitudes liturgiques au cours de la messe lue sont les suivantes :

– à genoux durant les prières au bas de l’autel jusqu’au moment où le prêtre gravit les degrés de l’autel ;
– debout de ce moment jusqu’à la lecture de l’épître ;
– assis à partir de cette lecture jusqu’au Dominus vobiscum de l’Evangile ;
– debout pendant l’Evangile, et s’il y a lieu pendant le Credo ;
– assis après l’Oremus annonçant la lecture de l’Offertoire ;
– debout après le Per omnia sæcula sæculorum annonçant la Préface ;
– à genoux après la récitation du Sanctus, jusqu’à l’Amen terminant le Canon ;
– debout pendant le Pater et la suite des prières jusqu’à l’Agnus Dei inclus ;
– à genoux après l’Agnus Dei jusqu’à la Communion ;
– debout pendant la prière de la Postcommunion et l’Ite missa est ;
– à genoux pendant la bénédiction finale ;
– debout pendant la lecture du dernier Evangile, génuflexion à « et homo factus est » ;
– à genoux pendant la récitation des prières finales et l’Angelus sauf le samedi soir et le dimanche (dans ce cas on dit l’Angelus debout).

Aux messes fériales de pénitence (Carême, Avent, Vigiles et Quatre-Temps) et aux messes de Requiem, on se met à genoux pendant les oraisons.

Au cours de la messe chantée ou de la messe solennelle, les attitudes des fidèles sont les suivantes :

– d’une manière générale, les fidèles suivent la chorale, chantant ou au moins se tenant debout lorsque celle-ci chante, sauf exception ;
– les fidèles ne doivent pas répondre aux prières au bas de l’autel, mais se tenir debout depuis l’entrée du prêtre jusqu’au Gloria ;
– ils peuvent s’asseoir lorsque le prêtre s’assoit (pendant le Gloria et le Credo en particulier), ainsi qu’aux lectures, et chants (graduel, alleluia, trait, offertoire), comme à la messe lue ;
– ils se tiennent debout pendant le chant du Sanctus, et donc debout pendant le début du Canon. Si le Benedictus est reporté après la consécration, ils se relèvent pour le chanter avec la chorale, sinon ils restent à genoux jusqu’à l’Amen qui conclut le Canon (le Benedictus n’est reporté après la consécration que s’il n’est pas en grégorien) ;
– la fin est comme à la messe lue. Les fidèles ne répondent pas au prêtre mais font la génuflexion à « et homo factus est ». Ils restent debout pendant le départ du prêtre.

Dans la messe chantée comme dans la messe lue, les fidèles doivent participer aux réponses liturgiques, s’efforcer de répondre tous ensemble, et chanter ou réciter l’ensemble du Kyriale, c’est-à-dire le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus et l’Agnus.

Monsieur le Député-Maire,

Faisant suite aux excellents échanges que nous avons eus toutes ces années, j'ai maintenant le plaisir et l'honneur, au nom de notre conseil d'administration qui vient de se réunir, de vous adresser nos plus vives félicitations pour votre brillante réélection.

Nous vous souhaitons un excellent mandat et de belles réussites dans l'exercice de vos responsabilités.

Au forum des associations de Pontoise, nous continuons à aider chaque année la communauté des familles catholiques de la chapelle Saint-Mathias à présenter ses activités. Le chapelain, nouvellement nommé à Pontoise, est Monsieur l'abbé Berthe.

Au niveau du département, nous restons en contact avec les élus de votre famille politique pour leur faire connaître notre vision catholique du bien commun. Ceci a été particulièrement nécessaire avec la Loi Taubira dont le président de l'UMP, plus sensible aux pressions du lobby LGBT qu'à celles de son électorat traditionnel, refuse encore pour le moment de promettre l'abrogation.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Député-Maire, l'assurance de notre respectueuse considération.

Philippe Fabre
Président de l'Association

Dans le journal l’Action Française 2000, Carl Emoy-Ruissey parle justement de nos évêques :

« Les évêques exaspèrent beaucoup de fidèles. Ils ont, dit-on, des « courages de filles », pour reprendre le mot de la religieuse Jacqueline de Sainte- Euphémie, soeur de Blaise Pascal. Pourtant, il n’en fut pas toujours ainsi. Proches de nous, les archevêques de Paris Denys Affre (tué en 1848) et Georges Darboy (exécuté en 1871), ne manquèrent pas de courage sur les barricades ou dans la sinistre prison de la Roquette.

Et pourtant, les Français qui ont refusé les pièces blasphématoires, ceux qui ont marché pour refuser la loi Taubira, ceux qui défilent chaque année pour réclamer des lois pour la vie, sont bien en peine de trouver le secours et le soutien solide de leurs évêques. Pourquoi, lorsqu’on nous impose des lois contraires à la morale, nos évêques ont-ils si peur de lancer, comme Pie VII au général Radet qui lui demandait de renoncer aux États pontificaux : « non possiamo, non dobbiamo, non vogliamo » (« nous ne le pouvons pas, nous ne le devons pas, nous ne le voulons pas ») ?

La défense du Mariage :

L’enjeu de la société et des enfants

Face à un projet de loi destiné à permettre à deux personnes de même sexe de se marier et d'adopter des enfants, l’Association de Catholiques du Val d’Oise affirme avec force que :

  • Le mariage, union stable d'un homme et d'une femme en vue de transmettre la vie, est une institution sacrée, inhérente à la nature humaine et donc voulue par Dieu, et qu'il n'est au pouvoir d'aucune autorité de bouleverser.
  • La famille, cellule fondamentale de la société, lieu naturel du renouvellement des générations, est une réalité que la loi ne crée pas, mais doit reconnaître et protéger.
  • Le bien supérieur de l'enfant est d'être élevé par son père et sa mère vivant dans l’unité et l'harmonie de leur complémentarité, de respecter le besoin naturel de références masculine et féminine ; et le besoin essentiel de connaitre sa filiation, de savoir d'où il vient.

Ce projet de loi, sous couvert d'une prétendue égalité, commettra une double injustice :

  • Spolier les couples mariés du terme qui qualifie l'union d'un homme et d'une femme,
  • Priver délibérément des enfants sans défense, soit d'un père, soit d'une mère.

C'est pourquoi, considérant que cette question touche au cœur la structure sociale et compromet gravement l'avenir de notre pays, l’Association de Catholiques du Val d’Oise :

  • Demande au Gouvernement de renoncer à un tel projet de loi,
  • En appelle à tous les élus, de droite ou de gauche, du centre ou sans étiquette ; aux maires : qu'ils refusent de contribuer à une telle parodie ; aux députés et sénateurs : qu'ils s'élèvent et votent contre ce projet.
  • Apporte son soutien et témoigne de sa gratitude aux Evêques qui prennent cou­rageusement position contre ce qui serait violation de l'ordre naturel.
  • Apporte son soutien aux nombreuses associations et collectifs, visant à faire échec à ce projet de loi, regroupées sous le vocable « Catholiques pour la Famille ».
  • Appelle ses adhérents et sympathisants à œuvrer selon leurs moyens, à s’organiser localement, pour convaincre leurs élus de s'opposer à la destruction légale de la famille.

Rendez-vous des « Catholiques pour la Famille » à Paris, le 13 janvier à 13h, place Pinel ; Métro Nationale.

Alain Escada s'adresse aux catholiques de France : des milliers de communes sont à leur portée, pour autant qu'ils s'engagent dans cette bataille pour la reconquête locale. Ce n'est pas une vue de l'esprit. Toutes les explications pour comprendre comment c'est possible en 2020 et ne le sera peut-être plus ensuite.

La résistance n’est pas que réaction ! Le 11 mai, tous à Paris !

Dénoncer, combattre puis renverser un système tyrannique qui impose des lois iniques ; ce sont bien autant d'étapes nécessaires. Mais il faut aussi être en mesure de présenter une société alternative et offrir des modèles positifs de chefs, des références historiques à commémorer, des héros à vénérer, des saints à prier.

Saint Louis et Sainte Jeanne d'Arc sont tout cela à la fois. Ils incarnent la force juste et vertueuse mise au service de Dieu et de la patrie française.

Voilà pourquoi Civitas appelle toutes les forces de la résistance nationale à participer le 11 mai prochain au défilé en hommage à Sainte Jeanne d'Arc et Saint Louis.

Venez nombreux honorer avec panache ces grandes figures de la vraie France aux antipodes de la république maçonnique et décadente, vassale d'un mondialisme destructeur.

Alain Escada, président de Civitas

11 mai - Paris, Place St Augustin, 14h30 : Défilé en l'honneur de Ste Jeanne d'Arc avec dédicace à St Louis 16h-16h30 : arrivée place des Pyramides. Drapeaux nationaux, drapeaux locaux et drapeaux frappés du blason de Sainte Jeanne d'Arc seront à l'honneur.

En avant première je vous fais un petit compte rendu...
Vers 15 heures nous arrivons place saint Augustin ou nous rejoignons la mer de drapeaux bleus, grands et petits aux armes de Jeanne.
L'hymne à sainte Jeanne d'Arc résonne déjà depuis les camions sono, le public a en main aussi les partitions de tous les plus grands chants à sainte Jeanne : "De la France qui se lève" Jeanne la lorraine", l'hymne à sainte Jeanne" et bien d'autres.

Puis se mets en place une sainte Jeanne, brune cette année, sur son cheval, en armure, avec son étendard entourée de quatre autres gens d'armes en armure complète suivis de deux écuyers en tenue (promu à ramasser aussi les besoins de chevaux pour épargner la marée chaussée!!!).

Puis plusieurs jeunes hommes formant l'armée, en tabards (sorte de tuniques médiévales militaires)puis quatre craquantes petites filles en robes médiévales et portant de jolies bouquets

Enfin de jeunes gens portent la banderole spéciale 2012 de plus de 6 mètres de longs, avec écriture gothique et blason "Sainte Jeanne sauvez la France" ainsi que celle de "La France est catholique et doit le rester"

Institut Civitas 
17, rue des Chasseurs - 95100 Argenteuil  
01.34.11.16.94 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 
www.civitas-institut.com - www.francejeunessecivitas.com

 

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Notre attitude vis-à-vis de l'élection présidentielle sera bien différente selon que l'on se trouve dans des circonstances habituelles d'un scrutin ou dans des circonstances exceptionnelles. Mon propos sera d'emblée de montrer que l'on se trouve, à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle de 2012, dans un contexte de circonstances exceptionnelles.

En cas de situation habituelle, nous aurions à nous demander s'il existe un candidat dont le programme politique respecte la doctrine traditionnelle de l'Eglise catholique. Et, au vu du paysage politique actuel, nous aurions vite fait de tirer comme conclusion qu'aucun candidat parmi ceux les plus probablement assurés de disposer des 500 signatures nécessaires pour participer à cette élection ne rencontre nos attentes. Sans être tout à fait pareille, la politique des uns ne nous enthousiasmerait guère plus que celle des autres. Mais...

Le pape émérite Benoît XVI a fait paraître le 11 avril 2019 un texte d’une douzaine de pages dans le mensuel allemand Klerusblatt. Il s’exprime à propos des scandales dans l’Eglise, de la grave crise qu’ils provoquent, et des attaques régulières dont l’institution ecclésiastique est l’objet de la part des médias. Il précise qu’il publie ce travail avec l’accord du Secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, et du pape François.

Les mérites de ce texte sont incontestables, à plusieurs titres. En pleine tourmente, son auteur cherche à éclairer certaines zones sombres et va jusqu’à révéler des dysfonctionnements profonds, passés et présents, dans l’Eglise. Il faut reconnaître un certain courage à ce qui pourrait ressembler à une sorte de mea culpa. Peut-être l’approche de l’éternité est-elle pour quelque chose dans ces considérations ?

Une prise de parole critiquée par l’intelligentsia médiatique

D’ailleurs, les médias dans l’air du temps ne s’y sont pas trompé et les critiques ont fusé de toutes parts contre une analyse qui dérange. Les arguments les plus improbables sont employés pour discréditer le message de l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (CDF).

Certains le disent « manipulé » par son entourage ou mettent en doute le fait qu’il en soit vraiment l’auteur. L’opportunité de cette publication est fortement contestée. Marco Politi, vaticaniste progressiste reconnu, ne craint pas de parler de pamphlet et d’asséner : « Le pape émérite aurait dû choisir le silence » car, « dans les moments les plus graves, une seule voix doit être entendue au sommet, sinon on sème la confusion ». Il soupçonne Benoît XVI d’être « sous l'influence des cardinaux allemands ultra-conservateurs Walter Brandmüller et Gerhard Müller », l’ancien Préfet de la CDF que le pape argentin n’a pas reconduit en 2017 ; deux prélats qui seraient, selon lui, « engagés dans une vaste opération de diversion pour faire endosser les péchés de pédophilie au sein de l'Eglise à la culture gay et à la perte de la foi ».

Face à de telles réactions, les réflexions de l’ancien pape allemand méritent d’être analysées sereinement. Elles s’articulent en trois parties : le contexte social ; ses conséquences sur les hommes d’Eglise ; la recherche d’une solution adaptée.

Première partie : les causes

Le contexte social de la libération des mœurs

Benoît XVI entend d’abord rappeler que « dans les années 1960, un événement d’une ampleur sans précédent dans l’histoire s’est produit. On peut dire qu’en vingt ans, de 1960 à 1980, les normes en matière de sexualité se sont complètement effondrés ».

Telles sont les causes profondes des abus : la révolution libertaire des années 60 et la mise en place agressive d’une éducation sexuelle de plus en plus débridée, accompagnée de l’irruption de la pornographie qui envahit alors les écrans de cinéma puis ceux de la télévision. Dès cette époque, l’on trouve des chantres de la pansexualité pour louer et promouvoir la pédophilie.

Cette analyse est vivement contestée par les faiseurs d’opinion. Il suffit pourtant de consulter l’article sur l’Apologie de la pédophilie publié sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia pour être édifié à ce sujet. L’introduction est instructive : « L’apologie de la pédophilie est l’ensemble des actions, écrits et prises de position visant à faire accepter socialement la pédophilie ou simplement à en faire l’éloge. Cette tendance a principalement existé à l’époque dite de la révolution sexuelle, essentiellement dans les années ayant immédiatement suivi 1968, du fait de personnes se présentant elles-mêmes comme pédophiles, mais aussi de “sympathisants”. Des groupes de personnes et des individus isolés ont alors cherché à présenter la pédophilie comme une attirance sexuelle acceptable, ou à contester les notions de majorité sexuelle ou d’abus sexuel sur mineur. La pédophilie a parallèlement fait l’objet à l’époque de diverses formes de complaisance, médiatiques, politiques ou intellectuelles. Cette mouvance n’a jamais atteint un niveau de reconnaissance durable et notable malgré, dans les années 1970, quelques soutiens médiatiques et politiques de portée limitée. »

En France, un journal comme Libération a longtemps milité pour l’assouplissement de la législation en matière de détournement de mineurs, à grand renfort de pétitions que signaient des personnalités comme Aragon, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, François Chatelet, Patrice Chéreau, Jacques Derrida, Françoise Dolto, Michel Foucault, André Glucksmann, Félix Guattari, Bernard Kouchner, Jack Lang, Alain Robbe-Grillet, Jean-Paul Sartre, Philippe Sollers… Daniel Cohn-Bendit, figure de mai 68, fit l’éloge de la pédophilie, fût-ce avec une fillette de cinq ans.

Benoît XVI voit dans ce flot nauséabond qui considérait la pédophilie comme « autorisée et appropriée » l’une des explications de la corruption de la jeunesse, y compris parmi toute une génération de prêtres dont beaucoup firent alors massivement défection.

La révolution de la théologie morale

Parallèlement avait lieu un « effondrement » de la théologie morale et de l’enseignement de l’Eglise en matière de mœurs. Ce fut le fruit d’une véritable révolution, née du mépris conscient de la loi naturelle.

Benoît XVI écrit : « Jusqu’au concile Vatican II, la théologie morale catholique était largement fondée sur la loi naturelle, tandis que les Saintes Écritures n’étaient citées que comme contexte ou fondement. Dans la lutte du Concile pour une nouvelle compréhension de la Révélation, l’option de la loi naturelle a été largement abandonnée, et une théologie morale entièrement basée sur la Bible était réclamée. »

L’aveu est de taille : c’est bien le Concile qui est donné comme responsable de l’abandon de la loi naturelle. L’analyse de Benoît XVI reconnaît cet abandon, sans mesurer semble-t-il qu’il constitue une rupture de la tradition. Car la théologie morale ne saurait se passer ou se détacher de la loi naturelle : la grâce ne détruit pas la nature, mais la présuppose. Vouloir construire la morale sans elle, est un pur non-sens (Cf. Nouvelles de Chrétienté, n° 176, mars-avril 2019, pp. 5-9). De plus, prétendre opposer loi naturelle et Révélation est illusoire. Car la loi naturelle est contenue dans la Sainte Ecriture, source de la Révélation, comme le montre clairement le Décalogue. Cette loi est inscrite dans le cœur de l’homme par Dieu Lui-même, Auteur de la nature.

De là les innombrables dérives de la nouvelle théologie, et spécialement le relativisme moral, que dénonce justement Benoît XVI. De là encore, la revendication d’indépendance de la part des théologiens vis-à-vis du Magistère, perçu comme ennemi de la liberté et frein au progrès de la théologie et de l’humanité. Benoît XVI mentionne plusieurs épisodes de cette contestation.

Il tente de se défendre, et Jean-Paul II avec lui, en mettant en avant son action lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. C’est sous sa direction que fut publié le nouveau Catéchisme de l’Eglise catholique, tandis que l’encyclique Veritatis splendor venait, malgré ses limites, réaffirmer l’existence des fondements intangibles de la morale.

Les attaques contre le Magistère de l’Eglise

Le pape émérite mentionne aussi cette « hypothèse selon laquelle le Magistère de l’Eglise ne devrait avoir la compétence finale (“infaillibilité”) qu’en matière de foi ». Largement répandue et acceptée, elle avait pour conséquence que « les questions de moralité ne devraient pas entrer dans le champ des décisions infaillibles du Magistère de l’Eglise ».

Bien qu’il voie dans cette hypothèse « probablement quelque chose de juste » – ce qui est lui donner consistance –, Joseph Ratzinger défend l’existence d’une « morale minimale indissolublement liée au principe fondateur de la foi », sans laquelle ne pourrait exister l’infaillibilité de l’Eglise et du pape en matière de foi et de mœurs. Les contestataires les plus radicaux, en l’ignorant, prétendent logiquement que « l’Eglise n’a pas et ne peut pas avoir sa propre moralité ».
La réponse du pape émérite est l’affirmation nette que le fondement de toute morale est la révélation que l’homme a été créé à l’image de Dieu, la foi au Dieu unique, et l’aspect pérégrinant de la vie chrétienne. Nous cheminons vers la patrie, et l’Eglise doit protéger les fidèles du monde.

Deuxième partie : les effets

Le deuxième volet des réflexions de Benoît XVI montre quels furent les ravages provoqués par la double dissolution de la morale chrétienne et de l’autorité de l’Eglise en matière de mœurs. C’est ici qu’il s’emploie à dénoncer les effets tout en épargnant le Concile et ses réformes. Il reconnaît cependant l’insuffisance des moyens de sanction – et de guérison – que l’Eglise s’est donnés après le Concile.

Rupture de la formation dans les séminaires

L’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qui en sait long sur le sujet, évoque d’abord la formation des prêtres. Il admet sans ambages qu’en « ce qui concerne le problème de la préparation au ministère sacerdotal dans les séminaires, il y a en fait une rupture profonde avec la forme précédente de cette préparation. » Cette rupture dans la formation a permis que, « dans plusieurs séminaires, des clans homosexuels se sont constitués, qui ont agi plus ou moins ouvertement et ont changé de manière significative le climat des séminaires. Dans un séminaire du sud de l’Allemagne, des candidats au sacerdoce et des candidats au ministère laïc d’assistant pastoral vivaient ensemble. Aux repas communs, les séminaristes et ces candidats mangeaient ensemble, (…) ces derniers parfois accompagnés de leurs épouses et de leurs enfants, ou même de leurs petites amies. Le climat de ce séminaire ne pouvait prétendre assurer la préparation à la vocation sacerdotale ».

Le Saint-Siège avait connaissance de ces problèmes, répandus particulièrement aux Etats-Unis. Des visites apostoliques furent organisées. C’est ici la seule mention de l’homosexualité dans les séminaires.  Dans un document traitant de la pédophilie, c’est plus que n’en peuvent supporter les médias et faiseurs d’opinion… 

Rupture dans le recrutement des évêques

Dans ce climat d’effondrement moral, Joseph Ratzinger avoue également que l’application du Concile eut pour conséquence de faire monter dans la hiérarchie de l’Eglise des pasteurs insuffisamment formés à leurs tâches. 

« Les critères de sélection et de nomination des évêques ayant également été modifiés après le concile Vatican II, les relations des évêques avec leurs séminaires étaient également très différentes. Par-dessus tout, un critère pour la nomination de nouveaux évêques était maintenant leur “conciliarité”, ce qui pouvait être compris comme signifiant des choses assez différentes. Dans de nombreuses parties de l’Eglise, les attitudes conciliaires étaient comprises comme une attitude critique ou négative à l’égard de la tradition existante, qui devait maintenant être remplacée par une nouvelle relation, radicalement ouverte, avec le monde. Un évêque, qui avait été auparavant recteur de séminaire, avait organisé la projection de films pornographiques aux séminaristes, prétendant les rendre ainsi résistants à des comportements contraires à la foi. Il s’est trouvé – pas seulement aux Etats-Unis – des évêques rejetant la tradition catholique dans son ensemble et cherchant à faire naître une sorte de nouvelle “catholicité”, moderne, dans leurs diocèses. »

Derrière ce constat se cache la véritable « épuration » dont furent victimes les évêques attachés à la tradition, systématiquement mis de côté ou remplacés par un épiscopat progressiste acquis aux idées nouvelles, celles du Concile et de l’aggiornamento qui autorisait à peu près n’importe quoi. C’est l’application de Vatican II par le pape Paul VI qui est ici en jeu à travers la nomination des évêques. Un sujet qui mériterait d’être approfondi. 

Rupture dans la législation canonique

Benoît XVI aborde enfin directement la question de la pédophilie et de l’insuffisance des moyens de répression fournis par le nouveau Code de Droit canonique. Ce passage est particulièrement instructif.

« La question de la pédophilie (…) ne s’est posée que dans la seconde moitié des années 1980 ». Les évêques des Etats-Unis, où le problème était devenu public, « demandèrent de l’aide, car le droit canonique, consigné dans le nouveau Code (1983), ne semblait pas suffisant pour prendre les mesures nécessaires. (…) Ce n’est que lentement qu’un renouvellement et un approfondissement du droit pénal délibérément peu structuré du nouveau Code ont commencé à prendre forme. »

A la source de cette faiblesse délibérément voulue, « il y avait un problème fondamental dans la perception du droit pénal. Seul le garantisme 1 était considéré comme “conciliaire”. Il fallait avant tout garantir les droits de l’accusé, dans une mesure qui excluait en fait toute condamnation. (…) Le droit à la défense par voie de garantie a été étendu à un point tel que des condamnations étaient difficilement possibles. »

Le pape émérite justifie son action, en expliquant la conduite tenue : « Un droit canonique équilibré (…) ne doit donc pas seulement protéger l’accusé (…). Il doit aussi protéger la foi (…). Mais personne aujourd’hui n’accepte que la protection de la foi soit un bien juridique. »

A cause de ce garantisme, il fallut contourner la difficulté en transférant les compétences de la Congrégation du Clergé, normalement responsable du traitement des crimes commis par les prêtres, à la Congrégation pour la Doctrine de la foi sous le chef de “Délits majeurs contre la foi”. Ceci permit « d’imposer la peine maximale, l’expulsion, qui n’aurait pu être imposée en vertu d’autres dispositions légales. » Afin de protéger la foi, il fallut pour ce faire mettre en place une véritable procédure pénale, avec possibilité d’appel à Rome.

Ainsi la logique implacable du personnalisme, qui fait passer l’individu avant la société et le bien commun, a rendu la justice de l’Eglise quasiment inopérante avec le Code de Droit canonique de 1983. Depuis lors, la curie romaine s’est employée à contourner l’obstacle, au prix de contorsions juridiques et avec des résultats mitigés. Un gâchis…

Troisième partie : perspectives

Benoît XVI achève ses réflexions en essayant de donner quelques perspectives de solution.

Rappeler l’existence de Dieu car une société sans Dieu supprime la distinction entre bien et mal

S’adressant dans ce texte à des prêtres principalement, il les exhorte à s’en remettre à l’amour de Dieu mais aussi à réaffirmer fortement l’existence de Dieu à la face du monde. Il faut reconnaître l’intervention divine dans l’histoire des hommes, car le refus de Dieu entraîne la destruction de la liberté :
« Une société sans Dieu – une société qui ne Le connaît pas et Le traite comme inexistant – est une société qui perd sa mesure. De nos jours, on a inventé le slogan de la mort de Dieu. Quand Dieu meurt dans une société, elle devient libre, nous a-t-on assuré. En réalité, la mort de Dieu dans une société signifie aussi la fin de la liberté, parce que ce qui meurt, c'est le but qui donne une orientation. Et parce que disparaît la boussole qui nous indique la bonne direction en nous apprenant à distinguer le bien du mal. La société occidentale est une société dans laquelle Dieu est absent de la sphère publique et n'a plus rien à lui offrir. Et c'est pourquoi c'est une société dans laquelle la mesure de l'humanité est de plus en plus perdue. »

C’est par l’absence de Dieu que certains en sont arrivés à répandre le laxisme étendu jusqu’à la pédophilie.

Au passage, Benoît XVI relève que les hommes d’Eglise ne parlent pas suffisamment de Dieu dans la sphère publique. Il semble regretter que la Constitution européenne ignore Dieu comme « principe directeur de la communauté dans son ensemble ». A qui la faute, alors que depuis Vatican II les autorités de l’Eglise se sont employées à détruite les Etats catholiques en supprimant l’invocation du Dieu un et trine en tête de leurs constitutions ?

La question liturgique

Le pape émérite poursuit : il ne suffit pas de rappeler l’existence de Dieu, il faut encore vivre de l’Incarnation, particulièrement à travers la sainte Eucharistie. Fidèle à ses enseignements passés, il dresse un constat troublant :

« Notre célébration de l’Eucharistie ne peut que susciter l’inquiétude. Le concile Vatican II a voulu le retour de ce sacrement de la Présence du Corps et du Sang du Christ, de la Présence de sa Personne, de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, au centre de la vie chrétienne et de l’existence même de l’Eglise. (…) Pourtant, une attitude assez différente prévaut. Ce qui prédomine n’est pas une nouvelle révérence pour la présence de la mort et de la résurrection du Christ, mais une manière de traiter avec Lui qui détruit la grandeur du Mystère. Le déclin de la participation à la célébration eucharistique dominicale montre combien nous, chrétiens d’aujourd’hui, savons encore peu de choses sur la grandeur du don qu’est sa présence réelle. L’Eucharistie est dévalorisée en un simple geste cérémoniel lorsqu’on tient pour acquis que la courtoisie (sic) exige qu’il soit offert à tous ceux qui sont invités (…). » 

Ces considérations sont proprement stupéfiantes, et montrent très clairement les limites de l’analyse de l’ancien pape, qui reste attaché à la réforme de Paul VI tout en déplorant une liturgie devenue banale parce que désacralisée. Nous y reviendrons.

La foi en l’Eglise

Enfin l’ancien Souverain Pontife se penche sur le mystère de l’Eglise. Il s’interroge et se lamente sur des (pseudo) renaissances qui n’ont finalement pas eu de lendemain. De même qu’il vient d’expliquer que Vatican II avait voulu « un retour » du sacrement de l’Eucharistie – pour un piètre résultat –, de même il explique que Vatican II voulut faire de l’Eglise une réalité non plus extérieure mais censée « s’éveiller dans les âmes ». Cinquante ans plus tard, « en reconsidérant ce processus et en regardant ce qui s'était passé », il est tenté de dire : « l'Église meurt dans les âmes. » Ce constat d’un échec patent devrait conduire à remettre en question les principes ecclésiologiques de Vatican II. Malheureusement il n’en est rien. Benoît XVI trouve une autre explication :

« L’Eglise aujourd’hui est largement considérée comme une sorte d’appareil politique [il faudrait plutôt dire sociologique]. On en parle presque exclusivement en catégories politiques, et cela vaut même pour les évêques, qui formulent leur conception de l’Eglise de demain presque exclusivement en termes politiques. La crise, provoquée par les nombreux cas d’abus cléricaux, nous pousse à considérer l’Eglise comme quelque chose de presque inacceptable, que nous devons maintenant prendre en main et redessiner. Mais une Eglise qui s’est faite elle-même ne peut constituer une espérance. »

Il y aura toujours de l’ivraie parmi le bon grain dans le champ du Seigneur, et des mauvais poissons à côté des bons dans les filets de pêche de l’Eglise. Et de conclure par une belle application d’un passage de l’Apocalypse (12, 10) où le diable est présenté comme « l’accusateur de nos frères », comme il fit avec Job en l’accusant devant Dieu.

« Le Dieu Créateur est affronté au diable qui dit du mal de toute l’humanité et de toute la création. Il dit, non seulement à Dieu, mais surtout au monde : Regardez ce que ce Dieu a fait. Soi-disant une bonne création, mais en réalité pleine de misère et de dégoût. (…) Il veut prouver que Dieu Lui-même n’est pas bon, et ainsi nous détourner de Lui. (…) Aujourd’hui, l’accusation contre Dieu, c’est avant tout de qualifier Son Eglise d’entièrement mauvaise, et donc de nous en éloigner. L’idée d’une Eglise meilleure, créée par nous-mêmes, est en fait une proposition du diable, avec laquelle il veut nous éloigner du Dieu vivant, par une logique trompeuse par laquelle nous sommes trop facilement dupés. Non, même aujourd’hui, l’Eglise n’est pas seulement composée de mauvais poissons et de mauvaises herbes. L’Eglise de Dieu existe aussi aujourd’hui, et c’est aujourd’hui l’instrument même par lequel Dieu nous sauve. Il est très important d’opposer les mensonges et les demi-vérités du diable avec toute la vérité : oui, il y a le péché dans l’Eglise et le mal. Mais même aujourd’hui, il y a la Sainte Eglise, qui est indestructible. »

Ce beau passage, s’il est consolant, ne doit pas cacher la réalité de la crise déclenchée par des doctrines délétères répandues à pleines mains par de mauvais pasteurs.
 

Commentaire

Une analyse limitée

Le diagnostic porté par Benoît XVI, s’il est sévère et paraît lucide, reste néanmoins dans la ligne symptomatique : il décrit la maladie par ce qui la manifeste, il remonte à certaines de ses causes, mais il est incapable d’identifier les causes profondes et véritables, ou de nommer la maladie elle-même. Ce qui a pour conséquence qu’il ne peut proposer que des soins palliatifs, qui, comme chacun sait, ne font qu’atténuer les symptômes d’une maladie sans agir sur sa cause.

Certes, la révolution libertaire a profondément marqué la société dans laquelle nous vivons, et elle abîme les consciences. Mais cette révolution fut concomitante avec le Concile, qui s’était justement donné pour mission de « scruter les signes des temps » afin de répondre aux aspirations du monde. Ce faisant, l’Eglise s’est lancée dans un maelström de réformes qui a emporté les fidèles comme les pasteurs.

Alors que mai 68 disait : « du passé faisons table rase », Vatican II avait déjà adopté cet esprit cherchant à faire de « la tradition table rase ». Cet esprit est bien présent dans plusieurs textes du Concile, comme Dignitatis HumanæUnitatis redintegratioGaudium et Spes, ainsi que dans les différentes déclarations qui vinrent le clôturer. Cette révolution s’est manifestée de multiples manières, en particulier dans les séminaires. La jeunesse cléricale et religieuse a été contaminée par l’ambiance d’un monde matérialiste, athée et licencieux.

De même, la révolution de mai 68 affirmait : « il est interdit d’interdire ». La théologie morale ébranlée a répété ce slogan en prônant le relativisme et le refus de régulation par le magistère.

Les symptômes sont donc patents. Mais Benoît XVI refuse d’en retrouver les causes dans le Concile et ses réformes, au nom de cette interprétation biaisée dont il fut le chantre : la fameuse « herméneutique de rupture » à laquelle il opposait une « herméneutique de la continuité » censée exonérer Vatican II et le magistère subséquent de toute responsabilité.

Des responsabilités écrasantes

En ces temps troublés, ceux de l’époque des années 60 jusqu’à nos jours, il faut affirmer que l’autorité n’a pas agi efficacement, ce qui est un signe soit de faiblesse tragique, soit de complicité. Mais n’était-ce pas « saint » Paul VI qui dirigeait la barque de Pierre à cette époque ? Ce « saint » a-t-il été faible à ce point, ou complice ?
Lorsqu’un effet est constaté avec régularité, il manifeste une cause. Vouloir la limiter à une herméneutique est insuffisant. L’induction doit être menée jusqu’au bout et il faut avoir le courage de remonter aux germes qui se trouvent dans le Concile, sous peine de renoncer au principe de causalité.

D’autant que les mesures prises pour essayer de résoudre le problème manifestent, à leur tour, cette cause qui prospère, tel un foyer infectieux. Le pape émérite est bien obligé de reconnaître l’insuffisance du nouveau Droit Canon, et son incapacité à résoudre les problèmes. Mais qui donc a promulgué ce Code ? Et qui a ensuite été obligé d’échafauder des solutions de secours, elles-mêmes insuffisantes ? N’est-ce pas « saint » Jean-Paul II ?

Et d’où vient cette insuffisance ? De ce principe de liberté moderne, appliqué à travers le personnalisme à toute la législation de l’Eglise, la rendant inopérante. C’est l’autorité qui s’est elle-même liée les mains en proclamant qu’elle ne voulait plus condamner, comme l’attestent les discours de Jean XXIII lors de l’ouverture du Concile et de Paul VI lors de sa clôture.

Quant à la cécité sur la nocivité de la réforme liturgique, elle est presque caricaturale. Le pape émérite affirme les bonnes intentions du Concile et ses belles réalisations. Il constate ensuite que le résultat est catastrophique, mais il se garde bien d’arriver à la conclusion qui s’impose. Le fait que les évêques ne voient plus l’Eglise que de manière politique ou sociologique ne le fait pas non plus s’interroger sur la qualité de l’ecclésiologie nouvelle véhiculée par Lumen gentium.

C’est pourquoi ses propositions pour un redressement, malgré une certaine valeur palliative, seront incapables d’éradiquer la maladie. Comme le disait Mgr Lefebvre, le modernisme est une sorte de sida spirituel répandu dans l’Eglise, qui affaiblit l’organisme en le privant de ses défenses. Ceux qui en sont frappés n’ont plus les forces nécessaires pour reconnaître l’agresseur et mettre en œuvre les moyens adaptés pour l’éliminer. Seule la restauration de toutes choses dans le Christ, par la fidélité de l’Eglise à sa propre tradition, à ses rites sacro-saints, à sa doctrine révélée, à sa morale parfaite et à sa discipline multiséculaire, pourront redresser la barque de Pierre et laver notre Sainte Mère des affronts qui la défigurent depuis trop longtemps.

Source: FSSPX News

L’Église catholique est en crise. Pas partout, puisqu’en un an, le nombre de catholiques a augmenté de 1,5 % dans le monde. Mais en Europe, où nombre d’églises sont désacralisées, et particulièrement en France où les prêtres se font rares dans les paroisses. Mgr. Bernard Podvin, ancien porte-parole de la Conférence des évêques de France, avait déclaré devant les caméras de KTO à Noël 2014 : « On manque de vocations… Quand on ordonne cent prêtres par an et qu’il en meurt 800 par an pour le territoire français, c’est évident. Le déficit est là et il est criant. »

C’est évident pour l’Église dite conciliaire, un peu moins pour l’Église traditionaliste. Mais les chiffres sont là. Depuis les ravages de Vatican II, la France sera bientôt sans prêtres et ...

Le jeudi 20 avril 2017, un site sera lancé par la Fraternité Saint-Pie X, en France. Le site aura pour nom FSSPX/Actualités. C’est une nouvelle particulièrement importante. Jusque là, la Fraternité Saint-Pie X ne disposait guère, en France, d’instrument satisfaisant et adéquat. En outre, ce site a vocation à remplacer le site DICI, qui assurait, dans l’espace francophone,  la communication de la FSSPX.

On peut avoir une idée de ce futur site par cette brève vidéo de présentation:

Lettre de la Commission Ecclesia Dei aux conférences épiscopales :

Éminence,

Excellence Révérendissime,

Comme vous le savez, différents types de rencontres et d’initiatives sont en cours depuis longtemps pour ramener la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans la pleine communion. Ainsi le Saint-Père a-t-il récemment décidé d’accorder à tous les prêtres de cet institut les pouvoirs de confesser validement les fidèles (Lettre Misericordia et misera, n. 12), de manière à assurer la validité et la licéité du sacrement qu’ils administrent et à ne pas laisser les personnes dans le doute.

Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles, malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint PieX, le Saint-Père, sur proposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, a décidé d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité, selon les modalités suivantes.

Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du Sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité.

En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement.

Certaine que, de cette façon aussi, on pourra éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle, cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration.

Au cours de l’audience du 24 mars 2017 accordée au Cardinal Président soussigné, le Souverain Pontife François a approuvé la présente Lettre et en a ordonné la publication.

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 mars 2017.

Gerhard Card. L. Müller Président

+ Guido Pozzo Archevêque titulaire de Bagnoregio Secrétaire

Addendum : Communiqué de la Maison générale sur la lettre de la Commission Ecclesia Dei au sujet des mariages des fidèles de la Fraternité Saint-Pie X

"Comme pour les dispositions prises par le pape François accordant la faculté de confesser aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X pour l’Année Sainte (1er septembre 2015), et étendant cette faculté au-delà de l’Année Sainte (20 novembre 2015), la Maison Générale apprend que le Saint-Père a décidé « d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité ». (Lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 27 mars 2017, publiée ce 4 avril)

Cette décision du Souverain Pontife prévoit que : « Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité. »

Mais elle dispose également que : « En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du sacrement. »

La Fraternité Saint-Pie X remercie profondément le Saint-Père pour sa sollicitude pastorale, telle qu’elle s’exprime à travers la lettre de la Commission Ecclesia Dei, dans le but de lever « les doutes quant à la validité du sacrement de mariage ». Le pape François veut manifestement que, comme pour les confessions, tous les fidèles qui souhaitent se marier en présence d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, puissent le faire sans aucune inquiétude sur la validité du sacrement. Il est à souhaiter que tous les évêques partagent la même sollicitude pastorale.

Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X s’emploieront fidèlement, comme ils le font depuis leur ordination, à préparer au mariage les futurs époux, selon la doctrine immuable du Christ sur l’unité et l’indissolubilité de cette union (cf. Mt 19, 6), avant de recevoir les consentements dans le rite traditionnel de la Sainte Eglise."

Le livre du Conseil permanent de la conférence des évêques de France a une grande qualité : il est court. C’est sa seule qualité.

Ce texte incarne ad nauseam un catholicisme couleur muraille qui semble avoir définitivement renoncé à sa dimension prophétique pour accompagner les lieux communs du temps, énoncés avec une platitude que n’oserait pas le moindre éditorialiste. Ce n’est plus une Eglise qui proclame le Christ, c’est le Mouvement d’accompagnement spirituel de la démocratie universelle (Masdu) dont parlait autrefois l’abbé de Nantes et Jean Madiran. Les quelques évêques qui ont signé ce texte s’en prennent sans le nommer à l’idée de Benoît XVI selon laquelle le christianisme est nécessairement une contre-culture. Dans leur petit confort (peut-on parler d’évêques bobos, déconnectés de leurs ouailles ?), ils ont renoncé à être la pierre angulaire ou le sel de la terre. C’est triste, sans saveur, sans intelligence, sans esprit, banalement humain.

Autre chose frappante : c’est le ton moralisateur employé vis-à-vis de la classe politique : certes, c’est très banal et assez juste de rappeler que nos politiciens professionnels ont failli à leur mission, mais, dans leur domaine, les évêques ont-ils fait beaucoup mieux ? Ont-ils transmis le dépôt de la foi ? Ont-ils évangélisé ? Ont-ils combattu l’apostasie dont parlait Jean-Paul II ? Ont-ils dénoncé l’hérésie et défendu la vérité ? Non, rien de cela, comme le montrent chaque semaine leurs communiqués insipides. Il n’y en avait aucun (soit à peu près zéro sur une centaine) hier à La Manif Pour Tous. Pire, hormis 2 évêques (deux, pas trois, deux seulement !), aucun n’a appelé publiquement à manifester pour la famille. La CEF n’a publié aucun communiqué. Mgr Ribadeau-Dumas, secrétaire général de la CEF, twittait hier 16 octobre, sur l’anniversaire de l’élection de Jean Paul II : « Ses mots résonnent encore : n’ayez pas peur. Ouvrez grandes les portes au Christ. » N’ayez pas peur, c’est ce que l’on demande à nos évêques…

PM. PDT

Au retour des JMJ, le pape a été interrogé dans l’avion par des journalistes au sujet des attentats perpétrés au nom de l’islam, comme la situation internationale l’exige. Le Figaro nous livre ce matin « le texte intégral de sa réponse ». Consternante.

Quand le souverain pontife affirme que « les musulmans ne sont pas tous violents », il est dans son rôle. Mais tout le reste de son discours est inaudible pour des chrétiens dont la foi a encore quelque vigueur, et même pour tous ceux, croyants ou non, qui osent regarder la réalité.

François, précisément, prétend se fonder sur la réalité des faits pour refuser de « parler de violence islamique, parce qu’en feuilletant les journaux [il ne voit] tous les jours que des violences, même en Italie : celui-là qui tue sa fiancée, tel autre qui tue sa belle-mère, et un autre… et ce sont des catholiques baptisés, hein ! » Soit. Mais je ne sache pas que ces « catholiques violents » tuent leur fiancée ou leur belle-mère au nom de leur religion, en criant « Jésus est grand ».

Le cardinal Sarah, Préfet au Vatican de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements lance depuis Londres où il se trouve dans le cadre de Sacra Liturgia 2016, un appel à tous les prêtres pour qu'ils célèbrent désormais ad orientem à partir du 1er Dimanche de l'Avent 2016.  Source: MessainLatino.it

Mgr Rey lui répond qu'il en sera ainsi dans le diocèse de Toulon, après envoi d'une lettre à tous ses prêtres.

A l’issue de la réunion des supérieurs majeurs de la Fraternité Saint-Pie X qui s’est tenue en Suisse, du 25 au 28 juin 2016, le Supérieur général adresse le communiqué suivant :

Le but de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est principalement la formation des prêtres, condition essentielle du renouveau de l’Eglise et de la restauration de la société.
1. Dans la grande et douloureuse confusion qui règne actuellement dans l’Eglise, la proclamation de la doctrine catholique exige la dénonciation des erreurs qui ont pénétré en son sein, malheureusement encouragées par un grand nombre de pasteurs, jusqu’au Pape lui-même.
2. La Fraternité Saint-Pie X, dans l’état présent de grave nécessité qui lui donne le droit et le devoir de distribuer les secours spirituels aux âmes qui recourent à elle, ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique, à laquelle elle a droit en tant qu’œuvre catholique. Elle n’a qu’un désir : porter fidèlement la lumière de la Tradition bimillénaire qui montre la seule route à suivre en cette époque de ténèbres où le culte de l’homme se substitue au culte de Dieu, dans la société comme dans l’Eglise.
3. La « restauration de toutes choses dans le Christ », voulue par saint Pie X à la suite de saint Paul (Eph 1,10), ne pourra se réaliser sans le soutien d’un Pape qui favorise concrètement le retour à la Sainte Tradition. En attendant ce jour béni, la Fraternité Saint-Pie X entend redoubler d’efforts pour établir et diffuser, avec les moyens que lui donne la divine Providence, le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
4. La Fraternité Saint-Pie X prie et fait pénitence pour que le Pape ait la force de proclamer intégralement la foi et la morale. Ainsi il hâtera le triomphe du Cœur Immaculé de Marie que nous appelons de nos vœux, à l’approche du centenaire des apparitions de Fatima.

Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X
Ecône, le 29 juin 2016

Une certaine confusion existe sur l'attitude à avoir pendant les messes chantées selon le rit tridentin, notamment pendant les prières au bas de l'autel. C'est une confusion avec l'attitude à avoir pendant les messes basses. Il n'y a pas précisément de rubrique officielle concernant l'attitude des fidèles pendant le début de la messe chantée. Mais c'est le recours à la Tradition qui donne une indication : l'Introït est le début de la Messe. Introït veut dire "Il entre" (le prêtre). C'est donc un chant d'entrée, historiquement de procession. Il est logique que les fidèles soient debout, comme le prêtre, et en lien spirituel avec la chorale. Pendant l'Introït, les fidèles, debout, s'inclinent au Gloria Patri.

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